Après 26 ans de blocage, le salaire des militaires va être augmenté

Ludivine Dedoner, la ministre de la Défense
Ludivine Dedoner, la ministre de la Défense - Dominique Duchesnes

Revaloriser le personnel de la Défense, telle était l’une des priorités que s’était fixée Ludivine Dedonder lors de sa prise de fonction comme ministre socialiste de la Défense. Elle n’a pas tardé à passer à l’action puisque ce jeudi, elle a présenté son « plan pour le personnel » aux syndicats et chef de la Défense, l’amiral Michel Hofman. « Force est de constater que la ministre a été à l’écoute de nos revendications et propose un plan ambitieux, mais nécessaire et attendu, pour cette législature », a réagi le SLFP-Défense.

De son côté, le CGPM, la centrale générale du personnel militaire, « constate à sa grande satisfaction qu’il y a enfin une ministre de la Défense qui montre la volonté manifeste de faire effectivement du personnel la première priorité, d’augmenter substantiellement l’attractivité de la profession militaire, d’améliorer les circonstances de travail et - surtout - de dégager des moyens financiers en suffisance à cet effet. » Un consensus syndical assez rare pour être relevé.

Ce qui réjouit en premier lieu les militaires, c’est ce que le CGPM appelle la pièce maîtresse du plan, soit une amélioration significative des salaires pour toutes les catégories de militaires. « Cette augmentation salariale progressive se réalisera à partir de 2022 de sorte qu’en 2024, le salaire des militaires sera à un niveau comparable à celui de la police », précise le syndicat. En outre, la compensation financière des prestations réalisées lors d’un service intensif (exercices, camps et manœuvres), d’une permanence, d’un engagement opérationnel et comme veilleurs de nuit, augmentera de manière significative.

Des chèques-repas

Ludivine Dedonder a, par ailleurs, également réaffirmé son engagement de ne pas toucher à l’âge actuel de la pension pour les militaires. Elle a aussi rappelé l’introduction de chèques-repas d’une valeur de 6 euros dans les salaires du personnel de la Défense.

Seule petite déception soulevée par le SLFP-Défense, « l’allocation d’éloignement n’est pas au programme. » « Le dossier n’a pas été approuvé dans son chemin légistique et le concept doit être entièrement revu pour espérer un jour pouvoir être approuvé par le gouvernement », commente le syndicat qui se réjouit toutefois que « les montants déjà budgétisés pour cette initiative ne sont pas perdus et sont repris dans le cadre de la valorisation des salaires du personnel. »

« La Défense doit relever l’énorme défi de recruter plus de 10.000 militaires et d’augmenter le nombre de civils au sein de l’organisation, passant de 5 à 15 % », a commenté la ministre. « Pour y parvenir, elle doit être et rester un acteur attractif et compétitif sur le marché du travail. Le personnel de la Défense a trop souvent été la variable d’ajustement des exercices budgétaires ces dernières années. Nos hommes et nos femmes attendent depuis plus de quinze ans ce mouvement de rattrapage. Avec ce plan, je trace la ligne d’arrêt du sous-investissement dans le personnel de la Défense. Nous sommes enfin en train d’amorcer le mouvement de rattrapage que le personnel a dû attendre trop longtemps. Le personnel le mérite. »

Par ce plan, la ministre Dedonder espère attirer et conserver de jeunes candidats dont l’armée à tant besoin et qu’elle peine à séduire depuis plusieurs années. « Il est évident que ces initiatives ne seront pas suffisantes pour augmenter l’attractivité du métier sur le long terme mais nous pouvons néanmoins nous réjouir qu’après autant d’années, le militaire verra son pouvoir d’achat augmenter substantiellement dans les trois prochaines années », ponctue le SLFP-Défense.

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