Affaire Nethys: les perquisitions se poursuivent au domicile de Jean-Claude Marcourt

Dans cet article
Affaire Nethys: les perquisitions se poursuivent au domicile de Jean-Claude Marcourt
Photo News

Nouvelle série de perquisitions ce vendredi dans le cadre de l’instruction judiciaire autour du volet « rémunérations » de l’affaire Nethys. En matinée, les enquêteurs ont débarqué au Parlement de Wallonie. Information révélée par Le Vif et dont Le Soir a obtenu confirmation.

C’est le président du Parlement, Jean-Claude Marcourt (PS), qui est visé par les enquêteurs. Mais c’est en tant que président de la coupole provinciale du PS liégeois qu’il intéresse la justice. Souvent qualifié de « main invisible », l’enquête devra démontrer ce que M. Marcourt savait des 18,6 millions d’indemnités versées aux ex-managers de Nethys, Stéphane Moreau en tête, pour contourner le décret gouvernance qui était censé limiter leur salaire.

Vendredi matin, le bureau de Jean-Claude Marcourt, situé Square Masson à Namur, était l’objet des perquisitions. Le socialiste étant également député wallon, la présence du président du Parlement est requise quand un tel cas de figure se produit. En l’occurrence, comme c’est ici le président en personne qui est l’objet des recherches policières, c’est la première vice-présidente, Jacqueline Galant (MR), qui a accompagné les enquêteurs. Les données du téléphone, de la tablette et de l’ordinateur de M. Marcourt ont été téléchargées par la police.

Direction Liège

Les enquêteurs avaient également programmé une perquisition au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Là, c’est le président Rudy Demotte (PS) qui a été contacté, au réveil, pour tenir compagnie aux forces de l’ordre. Coincé à Tournai, il a délégué cette mission à la vice-présidente, la députée Caroline Cassart (MR). Mais étant donné que Jean-Claude Marcourt n’a pas réellement de bureau dans ce Parlement, cette deuxième perquisition programmée n’a pas été nécessaire.

La police ne s’est toutefois pas arrêtée là. Aux alentours de 15 heures, tout ce petit monde a migré direction Liège, pour une nouvelle perquisition au domicile privé de Jean-Claude Marcourt. A 15h55, Le Soir a pu constater l’arrivée de Jacqueline Galant et Caroline Cassart sur place. Elles n’ont pas souhaité faire le moindre commentaire. Les enquêteurs ont suivi quelques minutes plus tard, avant de monter au quatrième étage, dans l’appartement qu’occupe Jean-Claude Marcourt en plein coeur de la cité ardente. Une grosse heure plus tard, ils quittaient les lieux, le temps de saisir l’ensemble des documents informatiques stockés sur l’ordinateur privé de l’ex-ministre.

Jacqueline Galant et Caroline Cassart (MR) arrivent au domicile de Jean-Claude Marcourt pour la perquisition.
Jacqueline Galant et Caroline Cassart (MR) arrivent au domicile de Jean-Claude Marcourt pour la perquisition. - Joël Matriche

En fin de journée, le procureur-général de Liège Christian De Valkeneer confirmait la tenue de ces perquisitions. « Elles ont été exécutées dans le cadre du dossier Nethys relatif aux rémunérations attribuées à certains dirigeants. Elles se sont déroulées sans le moindre incident, avec une parfaite collaboration de M. le président Marcourt, des services du Parlement wallon et de son greffier », conclut le procureur-général.

Article mis à jour à 16h et 18h30

Jean-Claude Marcourt: «Il n’y a aucune raison que j’aie un avocat»

Par Joël Matriche

Jean-Claude Marcourt: «Il n’y a aucune raison que j’aie un avocat»

Après que son bureau au Parlement wallon et son domicile aient été perquisitionnés par les enquêteurs qui travaillent sur l’affaire Nethys, Jean-Claude Marcourt a accepté de répondre à quelques questions par téléphone. « Il y a suffisamment longtemps que la presse dit qu’il faut clarifier les choses, je suis aujourd’hui à la totale disposition de la justice pour qu’elle les clarifie et que puisse être démontré le rôle des uns et des autres ».

Justement, votre rôle dans ce dossier, c’était quoi ?

Je l’ai dit à Sudpresse dans une interview en mars 2020. Relisez cet article. Je n’ai pas varié d’un iota. Je rappelle simplement que je ne suis plus ministre depuis 2017. Les faits ont eu lieu en 2018. Quand vous êtes dans l’opposition, c’est un goût amer, vous n’avez rien à dire. Il faut regarder qui avait le pouvoir à l’époque.

Vous pointez des personnes en particulier ?

Non. Je ne suis ni délateur, ni enquêteur. Ce n’est pas mon problème. Je sais ce que j’ai fait, je trouve que c’est bien que la justice ait procédé à un acte qui permettra in fine de clarifier le rôle des uns et des autres.

Vous n’avez pas été auditionné ?

Non. Pas du tout.

Quand l’avocat de M. Heyse, Me Buyle, parle des mains invisibles et demande au juge de procéder à des devoirs, vous ne vous sentez pas visé ?

Non.

Pourquoi les enquêteurs sont-ils allés chez vous alors ?

Vous n’avez pas arrêté de dire dans votre journal que j’étais concerné. Je ne vous en fais pas le reproche mais…

Vous étiez proche de M. Moreau.

Ca, c’est une appréciation de votre part.

Mais pourquoi perquisitionner chez vous et pas chez M. Bacquelaine, par exemple ?

Vous savez, il y a un premier, puis un deuxième, puis un troisième. Les forces de police, le procureur général, le juge d’instruction ne savent pas se démultiplier. Être le premier n’est en rien indicatif de quoi que ce soit.

Vous pensez que ces indemnités ont été versées sans que personne soit au courant, politiquement ?

Mes avis, je les garde pour moi.

Vous avez un avocat ?

Non. Pourquoi en aurais-je un ?

Mais si vous êtes entendu…

Ca voudrait dire que je serais susceptible d’être inquiété, ce qui n’est pas du tout le cas. Il n’y a aucune raison que j’aie un avocat pour l’instant.

Vous êtes zen ?

Totalement.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous