Kemar Lawrence, le joueur d’Anderlecht: «Avec mon vécu, j’étais préparé au coronavirus»

Absent lors du match à Liège en raison de la rotation opérée par Vincent Kompany dans une période surchargée, Kemar Lawrence est l’un des joueurs du Sporting qui a le plus fait l’actualité ces dernières semaines. Dans presque toutes les catégories possibles. À commencer par ses prestations sur le terrain. Dimanche dernier, c’est suite à ses montées en fin de rencontre qu’Anderlecht a été le plus dangereux face à Gand. De quoi se demander avec de plus en plus d’insistance pourquoi le Jamaïcain n’a pas fait ses déboulés – on le surnomme « taxi » pour cette raison – plus tôt dans la rencontre. « C’est une question de tactique, indique le principal intéressé. Avant tout, je suis un défenseur. On veut contrôler les contres et ne pas donner d’espaces aux ailiers adverses. Ce sont nos priorités. Après, j’aime participer aux offensives. Ce n’est pas interdit par le coach qui peut rapidement me dire que je peux être plus offensif. Mais il faut choisir le bon moment. Je serai peut-être meilleur dans les matchs à venir. »

À Eupen, alors qu’il portait le brassard de capitaine, il a également eu un impact important sur l’issue de la rencontre. Celle-ci a basculé après son expulsion. Une carte rouge qu’il a n’a toujours pas compris. « En MLS ou dans un match international, je n’aurais jamais pris rouge sur ce tacle, glisse Lawrence. J’ai joué plus de 300 matchs et c’était ma première exclusion. Ce qui m’a énervé, c’est que l’arbitre est allé voir les images et a confirmé le carton rouge alors qu’on voit que je prends le ballon. Sur cette phase, mes yeux regardent toujours le ballon. Je n’avais aucune intention de blesser le joueur. Et puis, vous auriez dû voir ma jambe après le match : elle est complètement bleue. Je n’ai pas pu m’entraîner pendant deux jours. »

Une année 2020 difficile

Un geste qui n’a pas du tout empêché le latéral gauche de conserver son statut de titulaire en championnat un an après son arrivée en provenance des New York Red Bulls. Une année 2020 difficile pour l’humanité entière en raison de la pandémie de coronavirus. « Avec tout ce que j’ai vécu quand j’étais plus jeune, j’étais bien préparé à cette crise sanitaire », indique Kemar Lawrence dont la vie a été jonchée de drames. Il a vu son cousin être tué par balles, il a perdu sa grand-mère en 2017 et son frère a perdu un pied dans un accident en 2020. « Si je devais vous raconter toute mon histoire, vous seriez assis durant toute la journée à écouter tout ce qui m’est arrivé, indique Lawrence qui a, à plusieurs reprises, mis sa carrière entre parenthèses notamment lors de sa longue absence de Neerpede au début de la saison. Tout ce que je peux vous dire, c’est que j’ai appris beaucoup avec toutes ces épreuves. Parfois, vous y repensez et vous êtes triste mais il faut toujours aller de l’avant. Parce qu’à la fin de la journée, il y a mes enfants et je dois leur enseigner des choses. Je ne peux pas leur dire que le père s’est arrêté pour telle ou telle raison. Je dois leur montrer que je fais des efforts, que je me bats. » Un leitmotiv dans la vie et sur le terrain qui ne peut être que bénéfique pour Anderlecht.

 
 
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