Emprisonnement de Navalny: plusieurs pays européens répliquent et expulsent des diplomates russes

Des manifestants protestent pour la libération de l’opposant au Kremlin, Alexeï Navalny.
Des manifestants protestent pour la libération de l’opposant au Kremlin, Alexeï Navalny. - Photo News

L’Allemagne, la Suède et la Pologne ont annoncé lundi l’expulsion de diplomates russes en représailles à une mesure similaire décidée le 5 février par Moscou dans le cadre de l’affaire Navalny.

Le chef de la diplomatie européenne s’est rendu à Moscou du 4 au 6 février à l’invitation du Kremlin pour la première. L’opportunité de Josep Borrel a été contestée par plusieurs Etats membres après l’arrestation d’Alexeï Navalny et sa condamnation à deux ans et huit mois de prison.

La mission de l’Espagnol avait un double objectif : renouveler la demande de libération immédiate de l’opposant et sonder la volonté de coopération du Kremlin. La fin de non recevoir et l’expulsion de trois diplomates européens pendant son entretien avec le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov ont montré que « Moscou refuse le dialogue ». L’UE doit en « tirer les conséquences », a soutenu Josep Borrell de retour à Bruxelles.

Varsovie, Berlin et Stockholm vont, en représailles, chacun expulser un diplomate russe en poste dans leur pays, ont annoncé quasi simultanément les gouvernements des trois pays.

La Russie a dénoncé lundi une mesure «infondée» et «inamicale» après l’annonce de l’Allemagne, de la Suède et de la Pologne.

«La décision prise aujourd’hui par la Pologne, l’Allemagne et la Suède est infondée et inamicale», a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, à la chaîne de télévision publique Rossia 1, en dénonçant une nouvelle fois «l’ingérence» occidentale dans les affaires intérieures de la Russie.

Quid de la position belge ?

Malgré la nécessité de maintenir le dialogue avec la Russie, « nous ne pouvons pas laisser sans réponse l’attitude condamnable de Moscou et sa posture de plus en plus provocatrice envers ses partenaires européens », a déclaré lundi la ministre belge des Affaires étrangères Sophie Wilmès, à l’issue d’une rencontre avec Josep Borrell, de retour de Moscou.

« Nous devons donc être prêts à fixer nos lignes rouges communes et nous préparer à prendre ensemble des sanctions supplémentaires contre la Russie », a-t-elle ajouté, citée dans un communiqué.

Sanctions à venir ?

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE doivent se réunir le 22 février pour tirer les conséquences de cette mission diplomatique et décider des suites à donner à la fin de non recevoir opposée par le Kremlin de libérer Alexeï Navalny, et à l’expulsion de trois diplomates de l’UE.

La décision d’imposer des sanctions doit être prise à l’unanimité sur une proposition des États membres. Le chef de la diplomatie européenne ne peut rien proposer. Il peut seulement recommander, ce qu’il fait dans le compte-rendu de sa mission.

 
 
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