Pour l'UWE, la Wallonie a besoin de bons projets de relance mais aussi de réformes (2)

Le plan "Get up Wallonia" sur lequel planche le gouvernement wallon, est "important" mais pour l'administrateur délégué de l'UWE, Olivier de Wasseige, "il doit encore évoluer pour intégrer et utiliser au mieux toutes les ressources humaines et financières, notamment, dont la Wallonie disposera pour sa relance". Le responsable de l'UWE fait notamment référence à une bonne utilisation des moyens dégagés au travers du plan de relance européen -pour lequel la Wallonie a remis 24 projets, pour 1,9 milliard d'euros- mais aussi à la nécessité de formations adéquates en amont pour répondre aux pénuries de main-d'œuvre vécues dans certains secteurs, comme la construction.

Mais les projets de relance seuls ne suffiront pas, estime l'UWE, ils devront être associés à des réformes structurelles touchant aux paysages de la recherche et développement, de l'animation économique et financière, de l'insertion à l'emploi... "Pour nous, un plan, ce n'est pas que de l'argent, c'est aussi des mesures fiscales, en matière de prix de l'énergie, d'infrastructures, notamment la 5G, qui est un facteur d'attractivité...", a encore illustré Olivier de Wasseige.

Il faut dire que selon l'état des lieux dressé par l'UWE, la Wallonie a encore du chemin à parcourir sur la voie de la prospérité. "L'emploi privé représente seulement 56% de l'emploi total alors que c'est 65% en Flandre. La part de l'industrie dans la valeur ajoutée n'est que de 14,6%, contre 16,9% en Flandre, et l'Europe veut que nous atteignions 20%. La taille des entreprises wallonnes n'est que de neuf personnes en moyenne, ce qui est aussi une faiblesse. Enfin, la dette de la Wallonie s'élève à plus de 23 milliards d'euros."

L'organisation patronale est aussi revenue sur l'année 2020 qui, avec le déclenchement de la pandémie, a frappé durement la Wallonie, ses habitants et ses entreprises. "J'ai eu souvent des entrepreneurs au téléphone qui étaient en larmes", a reconnu l'administrateur délégué de l'UWE.

Mais l'année écoulée a également vu d'importants élans de solidarité entre les gens et au sein des entreprises et mis en avant les capacités de résilience de toute une région. A cet égard, l'UWE a pris l'exemple de la société Deltrian, de Fleurus. L'entreprise, initialement spécialisée dans les filtres à air, s'est lancée à la mi-juin dans la production de masques chirurgicaux 'made in Wallonia'. Elle dispose désormais de quatre lignes de production, qui lui permettent de produire 1,5 million de masques par semaine, et ne compte pas s'arrêter là. "Dès la semaine prochaine, nous aurons l'équipement qui permettra d'appliquer sur les masques chirurgicaux un 'coating' virucide qui désactive le virus qui se pose sur ce masque au bout d'une minute", a annoncé son CEO, Timothee De Greift. Des masques qui seront destinés en priorité au personnel soignant des hôpitaux.

L'Union wallonne des entreprises avait également convié à ses vœux l'ex-Premier ministre et actuel président du Conseil européen, Charles Michel. Celui-ci a notamment souligné l'importance des moyens financiers dégagés mais ceux-ci doivent être accompagnés "d'un cadre, d'un environnement, d'un état d'esprit qui considère l'entrepreneur comme un partenaire et pas comme un suspect potentiel."

 
 
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