Au Parlement, le MR dit non à «une loi pandémie générale»

Au Parlement, le MR dit non à «une loi pandémie générale»
Belga.

En séance au Parlement fédéral, ce jeudi après-midi, où il était question de la future loi pandémie, c’est du MR que sont venues les flèches. Les mises en garde, en tout cas. Les libéraux-réformateurs, partants pour un débat à ce sujet, sont hostiles à l’adoption de quelque loi pandémie (comme on l’appelle) « qui établirait les restrictions à nos libertés de manière pérenne », a relancé la députée Nathalie Gilson. La même dit non à « toute loi générale qui pourrait être activée à l’avenir » lors de telle ou telle autre crise comparable à celle que nous connaissons, ou jugée comparable. « Figer les restrictions aux libertés, les systèmes de réquisition, de couvre-feu, etc., ce n’est pas acceptable. »

La libérale a même souligné que… certaines dictatures ont vu le jour parfois dans l’histoire en s’appuyant sur des textes parlementaires…

Bref, les bleus freinent et recadrent. Leur président, Georges-Louis Bouchez, avait laissé entendre déjà combien le MR était hostile à une loi pandémie qui, revisitant la gestion de la crise en cours, se projetterait dans l’avenir en fournissant des textes à répliquer en cas de crise. En posant ces balises, le MR, partenaire de la majorité Vivaldi, redimensionne, si l’on comprend bien, la portée de l’exercice dont on parle beaucoup ces derniers jours.

Pour rappel, la loi pandémie est en cours de rédaction auprès de la ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V) ; elle atterrira à la Chambre, sous forme d’un avant-projet, « fin février, début mars », a précisé Alexander De Croo en séance, ce jeudi après-midi.

Quoi qu’il en soit, il est question d’avoir un « grand débat » à la Chambre. Avec la société civile ? Catherine Fonck, cheffe de groupe CDH, a plaidé à nouveau en ce sens. En réponse, le Premier ministre a renvoyé la balle au Parlement, « c’est à lui de décider ». On ne tranche pas ? Un peu quand même : la présidente de la Chambre, Eliane Tillieux (PS), qui travaille à l’organisation de ce débat à brève échéance (en commissions d’abord, dans l’hémicycle au final), a fait savoir, mercredi, qu’elle était favorable à la participation d’acteurs de la société civile, par exemple via des auditions ; un positionnement qui entraînera sans doute l’adhésion de l’ensemble des groupes parlementaires.

Enfin, à propos de ce futur débat « à caractère exceptionnel », Alexander De Croo a appelé à « dépasser les clivages majorité-opposition ». Pour Défi, François De Smet n’a pas moins ciblé la gestion de crise via des arrêtés en rafale, et l’adoption de décisions touchant à l’Etat de droit où, estime-t-il, on a contourné la Constitution.

 
 
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