La Wallonie n’a pas le droit d’aider les clubs sportifs

La Wallonie n’a pas le droit d’aider les clubs sportifs

La Wallonie ne pourra pas soutenir les clubs sportifs mis en difficulté en raison de la crise sanitaire. En charge des infrastructures sportives au sein du gouvernement régional, le ministre Jean-Luc Crucke (MR) avait imaginé une aide sous forme de prêt. Mais l’Inspection des finances est passée par là. Si elle ne se prononce pas sur le fond de l’initiative, elle la juge tout simplement illégale : les aides directes aux clubs sportifs relèvent en effet de la Fédération Wallonie-Bruxelles et non pas de la Région wallonne.

Jean-Luc Crucke explique aujourd’hui avoir retourné le problème dans tous les sens afin de venir en aide aux clubs. « La formule la plus aboutie prenait la forme d’un prêt aux clubs sportifs constitués en ASBL, pratiquant leurs activités dans une infrastructure sportive située sur le territoire de la Wallonie et affiliés à une fédération sportive reconnue par la Fédération Wallonie-Bruxelles, afin d’assurer la pérennité des activités au sein des infrastructures sportives », explique-t-il ce vendredi dans un communiqué désappointé.

Recalé

Notez la référence claire et répétée aux « infrastructures sportives » qui sont bien de responsabilité régionale, à l’inverse de la politique sportive au sens large qui est restée dans le giron de la Fédération (à l’époque dans celui de la Communauté française) lors du transfert de compétences opéré en 1993. Il fallait manifestement convaincre de la pertinence de la démarche wallonne.

Mais cela n’a pas suffi à convaincre l’Inspection des finances : la Wallonie peut financer des halls de sports, mais elle ne peut pas aider les clubs. La Région avait envisagé de débloquer une enveloppe de 30 à 50 millions afin de soutenir ces structures confrontées à l’absence d’activités et donc de rentrées financières, et parfois à la perte de sponsors et à des désaffiliations en grand nombre.

Des moyens avaient été dégagés

« Cette situation liée à la pandémie entraîne un résultat comptable négatif pour beaucoup de clubs sportifs, mettant à mal, pour certains d’entre eux, leur trésorerie et la pérennité de leurs activités », souligne encore Jean-Luc Crucke qui s’excuse pratiquement de cette situation ubuesque : « La Wallonie se retrouve dans l’impossibilité d’aider les clubs sportifs alors que les moyens budgétaires pouvaient être dégagés. »

En régionaliste qu’il est, le libéral tire de cette mésaventure une leçon politique : « La complexité de notre système institutionnel est malheureusement peu propice à la mise en œuvre d’une politique sportive efficace et cohérente. La crise sanitaire actuelle démontre, une fois de plus, toutes les limites de ce système. »

Et de plaider pour une évolution rapide du paysage : « Cette aberration témoigne, à nouveau, de l’urgence institutionnelle de revoir la répartition des compétences en matière sportive dans un but de soutien optimal au secteur, en période de crise comme à l’ordinaire. »

 
 
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