Forte baisse du bénéfice avant impôts pour ING Belgique (2)

"En 2020, la pandémie a poussé les clients à nous confier davantage de dépôts, alors que la demande de crédits s'est contractée. La conjonction de ces deux tendances a donc entraîné une diminution de notre résultat d'intérêts, déjà sous forte pression à cause de la persistance des taux négatifs, par rapport à l'année passée", explique le directeur financier d'ING Belgique, Hans De Munck.

Les coûts du risque ont nettement augmenté en un an, et s'élevaient l'an dernier à 589 millions d'euros par rapport au montant de 268 millions d'euros rapporté en 2019. "Cette augmentation est une conséquence directe de la crise du coronavirus", note la banque. "L'incertitude économique demeure en 2021. Les effets de la crise se feront sentir encore longtemps", prédit-elle.

La pandémie semble également avoir eu un impact sur les relations que les clients entretiennent avec leur banque. Fin 2020, près de 1,8 million de clients ING, soit plus de la moitié, géraient leurs opérations bancaires en ligne ou via l'app, ce qui représente une augmentation de 3% par rapport à 2019. Le nombre de paiements sans contact a aussi fortement augmenté, grimpant de 29 à 82 millions de transactions. Le nombre de retraits de billets a chuté de 35% par rapport à 2019. ING constate cependant que les gens retirent des montants plus élevés, avec en moyenne 187 euros en 2020 (contre 169 euros en 2019).

Comme d'autres banques, ING a rappelé le "rôle social" qu'elle entendait jouer dans le contexte de crise sanitaire. "L'année passée, la banque a aidé des ménages et des entreprises en octroyant des reports de paiement pour des dizaines de milliers d'emprunts, représentant au total un montant de près de 8 milliards d'euros."

Le portefeuille de crédits a terminé l'année 2020 à 102,6 milliards d'euros, soit un recul de 3 milliards par rapport à 2019. "Cette baisse est essentiellement due aux entreprises familiales et clients professionnels qui se sont montrés plus prudents dans leurs décisions d'investissement à cause de la crise", constate la banque.

Comme l'a confirmé la Banque nationale vendredi, la crise a aussi été l'occasion pour le Belge de faire gonfler son épargne. Les dépôts des clients ING ont ainsi progressé, de 3,7 milliards d'euros en un an, pour atteindre 108,9 milliards d'euros.

Dans ce contexte, les revenus de la banque ont baissé de 103 millions d'euros, à 2,9 milliards d'euros l'an dernier.

La banque s'est par contre réjouie de la hausse de près de 10% de ses revenus de commissions l'an dernier, en raison essentiellement d'une croissance des produits d'investissement. L'épargne offrant des rendements très bas, bon nombre de clients se dirigent vers les transactions boursières, explique M. De Munck.

 
 
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