Le vaccin de Pfizer serait efficace contre les variants anglais et sud-africain

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Bonne nouvelle concernant l’efficacité des vaccins à contrer les variants. Une étude prépubliée menée par le virologue William James (Oxford) fait état d’une réponse immunitaire suffisante des sujets ayant reçu les deux injections du vaccin de Pfizer/BioNTech en Grande-Bretagne. Et ce, à la fois quand ils sont confrontés à la souche « classique » du SARS-CoV2, mais aussi à ses variants « anglais et « sud-africain », suspectés de pouvoir échapper aux anticorps.

Les scientifiques ont analysé sur des patients naturellement infectés par le virus ainsi que sur une cohorte récemment vaccinée les effets des deux composantes principales de la réponse immunitaire : d’une part, la production d’anticorps par les lymphocytes B, qui circulent dans le sang et peuvent bloquer l’entrée du virus dans les cellules humaines ; et d’autre part, l’activation des lymphocytes T qui à la fois amplifient la production d’anticorps et tuent les cellules infectées. Ces deux bras armés du système immunitaire sont complémentaires, rappelle l’immunologue Muriel Moser (ULB) « puisqu’ils permettent de contrôler le virus présent à l’extérieur (anticorps) et à l’intérieur (lymphocytes T tueurs) de nos cellules ».

L’étude suggère ce que plusieurs scientifiques présumaient déjà : la mémoire immunitaire protège la plupart des gens contre une infection. Elle montre que si les anticorps détectés dans le sang de personnes ayant reçu une dose du vaccin ARNm (Pfizer/BioNTech) neutralisent le virus original, ils sont un peu moins efficaces contre le variant anglais et pas du tout contre le Sud-Africain. Par contre, les réponses des lymphocytes T restent élevées contre les trois variants.

« Le résultat n’est pas inattendu, les lymphocytes T reconnaissant des parties de la protéine Spike différentes des régions reconnues par les anticorps », analyse Muriel Moser. L’étude n’en est pas moins très encourageante, puisqu’« elle montre que l’administration d’une seconde dose induit l’apparition d’anticorps neutralisant les trois virus », poursuit la spécialiste : « Les résultats, à confirmer par une publication scientifique, démontrent donc que le vaccin pourrait protéger contre le variant sud-africain grâce à une réponse rapide des lymphocytes T. » L’immunologue relève par ailleurs que cette conclusion est en accord avec une publication récente dans la revue scientifique Cell, démontrant une corrélation entre la présence précoce de lymphocytes T anti-SARS-CoV-2, l’élimination rapide du virus et des symptômes modérés chez les patients Covid-19.

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