Un procès «injuste», une «vengeance politique»…: la défense de Trump demande son acquittement

Un procès «injuste», une «vengeance politique»…: la défense de Trump demande son acquittement

Un procès « injuste », un acte de « vengeance politique » : les avocats de Donald Trump ont demandé vendredi l’acquittement de l’ancien président en qualifiant d’« absurde » son renvoi devant le Sénat des Etats-Unis pour « incitation à l’insurrection ».

« Comme toutes les chasses aux sorcières initiées par la gauche au cours des quatre dernières années, l’acte d’accusation n’a rien à voir avec les faits, les preuves et les intérêts des Américains », a lancé Michael van der Veen en entamant l’exposé de la défense.

Usant des mêmes armes que les procureurs démocrates, il a immédiatement diffusé des vidéos, notamment pour montrer que Donald Trump s’est régulièrement présenté comme le protecteur de « la loi et de l’ordre », mais aussi que ses opposants ont eux-mêmes parfois tenu des discours enflammés.

Le 45e président des Etats-Unis se voit notamment reprocher d’avoir lancé « Battez-vous comme des diables » à ses partisans, juste avant qu’ils ne se lancent à l’attaque du siège du Congrès, où les élus étaient en train de certifier la victoire de son rival démocrate Joe Biden à la présidentielle.

« C’est de la rhétorique politique ordinaire, pas différente du langage utilisé par tous les partis depuis des centaines d’années », a plaidé M. van der Veen, en mettant en garde contre un procès qui, selon lui « divise la Nation ».

Donald Trump n’assiste pas à ce procès, dont l’issue semble jouée d’avance. Il est en effet très peu probable que 17 sénateurs républicains acceptent de voter avec les 50 sénateurs démocrates pour former la majorité qualifiée nécessaire à sa condamnation.

« Récidive »

Lors de leur exposé, les procureurs démocrates ont plaidé que Donald Trump « savait à quel point la situation était explosive » lorsqu’il alimentait la colère de ses partisans, en criant, sans apporter de preuves, aux « fraudes massives » pendant des mois, avant et après l’élection présidentielle qui l’opposait à Joe Biden.

« Il a allumé la mèche et l’a lancée directement vers cette enceinte, vers nous », a dénoncé l’un des procureurs démocrates, Joe Neguse.

L’attaque sanglante fut « l’apogée des actions du président, pas une anomalie », a renchéri Jamie Raskin, qui dirige l’équipe d’élus de la Chambre des représentants chargée de porter l’accusation.

Installé en Floride, Donald Trump a refusé de témoigner. Mais sa voix n’a cessé de retentir dans l’hémicycle de la chambre haute du Congrès, où ses accusateurs ont projeté de nombreux extraits de ses discours, et reproduit ses tweets incendiaires.

« Qui, dans cette chambre, peut croire qu’il arrêtera d’inciter à la violence pour parvenir à ses fins, s’il est autorisé à revenir dans le Bureau ovale ? », a insisté Jamie Raskin.

C’est en brandissant cette crainte d’une récidive que les procureurs ont appelé les sénateurs à condamner Donald Trump, car ce verdict serait immédiatement suivi d’un vote pour le rendre inéligible.

A la barre vendredi, Me Schoen a rétorqué que les démocrates avaient « sélectionné » les propos du président et donné une image déformée de ses propos. Il a rejoué dans l’hémicycle d’autres extraits de son discours du 6 janvier, dans lequel l’ex-président appelle ses partisans à marcher « de manière pacifique et patriote » sur le Capitole.

Après les arguments de la défense, ce sera au tour des sénateurs de poser par écrit leurs questions aux deux parties.

Le rythme du procès s’est accéléré, au point que David Schoen avançait jeudi qu’un verdict pourrait être rendu avant lundi.

 
 
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