Italie: Mario Draghi, fort d’une majorité, accepte le poste de Premier ministre

Assuré d’une large majorité au Parlement, Mario Draghi, sollicité pour sortir l’Italie de sa paralysie politique en pleine pandémie de Covid-19, était vendredi dans la dernière ligne droite avant sa prise de fonction de Premier ministre.

L’ex-président de la Banque centrale européenne (BCE) s’est rendu au Palais du Quirinal à 18H00 pour communiquer formellement son accord au président de la République Sergio Mattarella, qui l’avait choisi pour succéder à Giuseppe Conte, contraint à la démission le 26 janvier après l’éclatement de sa coalition.

Mario Draghi a officiellement accepté vendredi de devenir Premier ministre, annonçant dans la foulée la composition de son gouvernement, des politiques et des technocrates nommés en pleine crise épidémique pour réussir la vaccination de masse et surmonter la dépression économique en Italie.

Dans ce contexte, le poste clé de ministre de l’Economie et des Finances est revenu à un homme de confiance, Daniele Franco, l’actuel numéro deux de la Banque d’Italie et ancien conseiller à la Commission européenne.

Mario Draghi a cependant joué la continuité sur plusieurs autres postes importants : il a ainsi confirmé Luigi Di Maio, haut responsable du Mouvement populiste 5 Etoiles (M5S), au poste de ministre des Affaires étrangères, la technocrate Luciana Lamorgese au poste de ministre de l’Intérieur et Roberto Speranza, du petit parti de gauche LEU, au poste de ministre de la Santé.

Le nouveau chef du gouvernement a habilement mêlé technocrates et responsables politiques, choisissant des personnalité compétentes dans tous les partis lui ayant offert leur soutien, sans faire appel cependant aux leaders.

Un super-ministère

Il a annoncé également la prochaine création d’un «super-ministère» de la Transition écologique qui sera dirigé par un physicien de renom, Roberto Cingolani, responsable depuis septembre 2019 de l’innovation technologique chez le géant italien de l’aéronautique Leonardo.

M. Draghi, surnommé «Super Mario» pour son rôle dans la crise de la dette de la zone euro en 2012, prêtera serment samedi, puis demandera la confiance du Parlement en début de semaine.

Depuis que M. Mattarella avait fait appel à lui le 3 février, Mario Draghi a mené des entretiens tous azimuts avec les partis politiques représentés au parlement, qui lui ont permis de former un attelage hétéroclite allant du Parti démocrate (PD, centre-gauche) à la Ligue d’extrême droite de Matteo Salvini en passant par le parti de droite Forza Italia de Silvio Berlusconi.

Jeudi, in extremis, l’inclassable Mouvement 5 Etoiles (M5S), antisystème jusqu’à son arrivée au pouvoir, avait donné lui aussi son feu vert, faisant ainsi tomber le dernier obstacle à un gouvernement d’union nationale.

Les difficultés ne font cependant que commencer pour cet Italien affable de 73 ans réputé pour sa discrétion, son sérieux et sa détermination.

 
 
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