Cédric Blanpain (ULB) : « On manque d’argent pour lutter contre le cancer »

Cédric Blanpain (ULB) : « On manque d’argent pour lutter contre le cancer »
Bruno Dalimonte

Cédric Blanpain, directeur du Laboratoire des Cellules souches et du Cancer à l’ULB, est l’invité du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 13 février sur La Première. Couronné notamment de la plus haute distinction scientifique de Belgique, il fait l’état des lieux de la recherche scientifique sur le cancer, de l’avenir de la maladie et des traitements existants et à venir.

Quand on l’interroge sur la pauvreté de la politique de Santé en Belgique, Cédric Blanpain est très clair : « On pourrait faire beaucoup mieux ! Au nord du pays, les moyens pour la recherche scientifique sont bien supérieurs à ceux qu’on a dans au sud. Heureusement qu’on a des associations caritatives qui nous aident, comme la Fondation contre le cancer ou le Televie, qui sont une bouffée d’oxygène nécessaire pour faire face à cette pénurie d’argent. On est clairement dans un système qui manque de moyens. » Cependant, au niveau des soins, la Belgique est très efficace. « Nos soins de santé restent d’une qualité extraordinaire, il faut s’en rendre compte aussi. On n’a pas à se plaindre de ce côté-là, même dans le sud du pays. »

Et demain ?

La recherche sur le cancer avance, les traitements évoluent, le dépistage aussi. Mais peut-on pour autant espérer qu’un jour le cancer deviendra une maladie chronique, qu’on pourra soigner comme le diabète ? Cédric Blanpain nuance. « Le cancer ne deviendra jamais une « bête maladie », ce sera toujours quelque chose de sérieux. On va chaque année améliorer notre connaissance, les traitements, l’espérance de vie des patients qui ont le cancer. Je pense que dans les 30 prochaines années on trouvera une solution pour un grand nombre de cancers face auxquels on est aujourd’hui encore assez démunis. Mais il est fort probable que les chimiothérapies, qui ont été efficaces depuis une cinquantaine d’années mais qui ne sont jamais une promenade de santé, resteront un traitement utilisé pour un grand nombre de patients. »

Les révolutions

Le cancer est une drôle de bête, un organisme vivant qui ne cesse de s’adapter au corps humain pour y survivre, face à l’immunité et aux traitements. Pour le combattre, quelques révolutions se mettent en place, comme l’immunothérapie. « On s’est rendu compte que le problème, ce n’est pas qu’on ne peut pas détruire le cancer, c’est que notre système immunitaire s’est d’une certaine manière acclimaté à lui. L’immunothérapie, enlève le frein qui disait au système immunitaire de ne pas attaquer la cellule cancéreuse. On « reset » cette acclimatation pour que le système immunitaire se réapproprie son job, qu’il fonce et détruise le cancer. C’est une véritable révolution ! Malheureusement, elle ne fonctionne pas pour tous les types de cancers. Pour ceux-là, il faut trouver de nouvelles thérapies. On doit continuer de développer des thérapies innovantes et personnalisées, qui attaquent les cibles, et pas d’une manière quasi nucléaire. Mieux comprendre les cancers, ce qui les distinguent, et développer les traitements appropriés : ça doit être ça l’avenir. »

 
 
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