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Réforme de l’Etat: Verlinden plaide pour que les Régions et les Communautés soient remplacées

Elle envisage une Belgique fédérale composée de deux entités fédérées (la Flandre et la Wallonie) et de de sous-entités (Bruxelles et la partie germanophone).

Temps de lecture: 3 min

La ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden (CD&V) plaide pour une réforme de l’Etat basée sur un « modèle 2+2 », ou un modèle à 4 entités. Celle qui est aussi en charge, avec David Clarinval (MR), des Réformes institutionnelles et du Renouveau démocratique a développé cette idée mercredi à l’Université de Gand (UGent), où elle était invitée par le professeur Carl Devos.

Dans premier modèle, la Belgique resterait un Etat fédéral, mais serait composée de deux entités fédérées (Flandre et Wallonie) et de deux sous-entités – deelgebieden – (Bruxelles et la partie germanophone ’Ostbelgien’) au lieu de la formule actuelle à trois Régions et trois Communautés.

Annelies Verlinden a comparé la structure de l’Etat à « une maison dont vous vous demandez si vous devriez la réparer ou simplement la démolir. Pour moi, il n’y a qu’une seule réponse : nous devons construire ». La ministre assure vouloir rechercher un consensus, « sans tabous ». « Les solutions devront venir de chemins de traverse. »

Concrètement, Annelies Verlinden pense donc à un « modèle 2+2 ». « Je remarque qu’il existe de l’enthousiasme à ce sujet des deux côtés de la frontière linguistique. Cela pourrait être rassembleur et créer de la clarté. » La ministre a souligné que la Flandre devait dans tous les cas pouvoir continuer à exercer des compétences à Bruxelles, par exemple, dans l’éducation, la culture et d’autres matières personnalisables.

« Je suis convaincue que la Belgique a encore une valeur ajoutée », a-t-elle encore indiqué. « Mais cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas donner aux entités fédérées les leviers corrects pour qu’elles mènent une bonne politique. Je n’aiderais pas le débat en donnant déjà des réponses trop concrètes, mais il faudra réfléchir sans tabous : nous n’avons remporté aucun prix avec les recettes que nous avons essayées jusqu’à présent. »

Annelies Verlinden espère que cet exercice sera clôturé pour le 200e anniversaire de la Belgique en 2030. « Certains vont peut-être qualifier cela de naïf, mais je choisis cela au-dessus du cynisme. Il faut oser affirme que c’est cela de l’ambition. »

Face aux réactions de partis francophones, la ministre précise

La suggestion de réforme de l’Etat formulée par Annelies Verlinden (CD&V) et basée sur un « modèle 2+2 » a été très mal accueillie par les partis francophones mercredi soir. Face à la bronca, le cabinet de la ministre de l’Intérieur et des réformes institutionnelles a envoyé un nouveau communiqué de presse dans la soirée précisant que l’intention était de débattre d’un modèle « 2+2 » ou d’un modèle « à quatre entités ».

Dans un premier document envoyé aux rédactions en prévision de la conférence qu’elle allait donner dans l’après-midi à l’UGent, le cabinet d’Annelies Verlinden indiquait que la ministre allait suggérer une réforme de l’Etat sur base d’un « modèle 2+2 » avec deux entités fédérées (’deelstaten’ en néerlandais, Flandre et Wallonie) et deux sous-entités (’deelgebieden’, Bruxelles et la partie germanophone Ostbelgien). Le terme ’sous-entité’ n’a pas été prononcé oralement par la ministre à Gand.

Mis à jour le 17 février à 21h12.

 

Ahmed Laaouej: «Madame Verlinden, Bruxelles n’est pas une sous-entité»

Sophie Wilmès (MR) insiste : « considérer Bruxelles comme une sous-entité n’est pas une option ». Des réactions suscitées par la proposition d’Annelies Verlinden visant un modèle institutionnel à 2+2 entités.

Journaliste au service Monde Temps de lecture: 3 min

Une Belgique avec deux grandes entités (la Flandre et la Wallonie) et deux… sous-entités, c’est en substance le modèle institutionnel qu’aurait défendu ce matin à l’université de Gand la ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V). Des propos, rapportés par Belga, tenus par celle qui est aussi en charge, avec David Clarinval (MR), des Réformes institutionnelles et du Renouveau démocratique. Dans une dépêche Belga ultérieure, sa proposition était reformulée comme suit : « un modèle 2+2, soit un modèle à quatre entités fédérées ». Mais on y évoque toujours une Belgique constituée des entités fédérées Wallonie et Flandre, et des territoires fédérés de Bruxelles et de la Communauté germanophone.

C’est peu dire que son « modèle » ne passe pas au PS bruxellois. Son président, Ahmed Laaouej tient à réagir avec force. « Ce sont des propos plus que provocateurs. Madame Verlinden vit sur une autre planète si elle pense que Bruxelles est une sous-entité. C’est insultant pour les habitants de la Région bruxelloise, cela rappelle les pires idées de la N-VA. Je tiens à lui rappeler que 20 % de la richesse est produite à Bruxelles, que nous sommes l’un des premiers bassins d’emploi. »

Sur le plan institutionnel, Ahmed Laaouej rappelle encore que « Bruxelles est une Région à part entière. Toucher à cela, c’est remettre en cause notre modèle institutionnel et ses fondements. C’est afficher un mépris qu’on pensait disparu au sein du CD&V. C’est tout simplement inacceptable. » Le président de la Fédération bruxelloise du PS appelle Annelies Verlinden « à se ressaisir ». « Je n’ose pas croire qu’il s’agit là de la position officielle de son parti. En tout cas, elle ne trouvera pas de majorité si elle souhaite aller vers ça. C’est inacceptable. »

De son côté, Sophie Wilmès a immédiatement pris son téléphone pour appeler sa collègue de gouvernement. « Elle m’a assuré que le contenu de la dépêche Belga ne correspondait pas à ses propos exacts. Tant mieux. Dont acte. » A toutes fins utiles, la vice-Première MR précise : « Considérer que Bruxelles n’est pas une entité à part entière n’est pas une option. On ne pourra jamais envisager une discussion sereine sur cette base. »

Pour la ministre des Pensions et de l’Intégration sociale, les déclarations de Mme Verlinden sont une gifle pour tous les Bruxellois. « Un modèle de 2+2 où Bruxelles serait considérée comme une ‘sous-entité’ ? C est un non ferme et clair. Je m y opposerai et n’accepterai jamais que la valeur de Bruxelles dans le modèle belge soit méprisée », réagit Karine Lalieux.

« Bruxelles est une Région à part entière. Avancer le contraire est un non-sens. Réformer sera nécessaire. Mais cela ne pourra se faire que dans le respect de toutes les entités », ajoute la ministre.

Pour cette dernière, le modèle des 4 Régions défendues par le PS doit être la piste à suivre en priorité.

Rajae Maoune, co-présidente d’Ecolo, s’est également exprimée sur Twitter. « Bruxelles est une Région à part entière avec une identité multiple qui mérite d'être respectée. La considérer comme une sous entité n'a pas de sens. La réforme de nos institutions ne se fera pas par presse interposée mais avec les citoyen•ne•s ».

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31 Commentaires

  • Posté par Smyers Jean-pierre, jeudi 18 février 2021, 17:43

    Quand tous ces fanfarons qui caracolent à la Une des journaux vont-ils s'atteler à ce que tout le monde réclame, une loi et un débat au parlement pour encadrer les mesures anti-covid?

  • Posté par Tamo guillaume, jeudi 18 février 2021, 13:29

    La Flandre a voulu la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde et a refusé tout élargissement de Bruxelles. Si elle souhaite maintenir les choses en l'état, elle doit, vu les concessions faites par les francophones lors de la dernière réforme de l'Etat, accepter la région bruxelloise comme égale des deux autres. Toute autre hypothèse de travail nécessiterait de revoir ce qui a été fixé lors de la dernière réforme de l'Etat et de remettre sur la table la question d'un élargissement de Bruxelles.

  • Posté par Pire Bernard, jeudi 18 février 2021, 11:07

    C'est triste à dire mais des décennies de tractations politiques, de réformes de l'Etat improvisées, de querelles linguistiques ont transformé ce pays naguère prospère en un conglomérat anarchique et ingérable. Les compromis à la belge successifs ont créé une situation qui fait de nous la risée de l'Europe. De plus, tous les indicateurs Nord-Sud pointent dans des directions différentes. Si on regarde l'histoire, l'indépendance belge résulte de l'opposition religieuse entre Pays-Bas et Belgique et de la volonté des puissances de l'époque - Grande-Bretagne en tête - de créer un Etat tampon au nord de la France. Ces conditions n'existent plus. La Flandre s'estime assez forte pour être indépendante. Qu'on lui donne donc ce statut. Quant à la Wallonie, sa situation ne permet pas une vie indépendante. Qu'elle rejoigne donc la France, si d'aventure la France veut d'elle, de son déficit abyssal, de sa productivité en berne et de son système de clientélisme politique.

  • Posté par SEIGNEUR YVES, jeudi 18 février 2021, 10:53

    Bruxelles , sous-entité... géographiquement dans l'entité Flandre... Il n'y a plus personne de compétent au CDV ?

  • Posté par Patrick Yamedjeu, jeudi 18 février 2021, 10:01

    A part faire des critiques stériles, que proposent les partis francophones? Rien comme d'habitude. De plus, ils feraient mieux de commencer à réduire le mille-feuille de niveaux de pouvoir : Communauté, Région, Provinces, etc... Côté néerlandophone, tout cela a au moins été un peu optimisé. Côté francophone, c'est le règne de la particratie.

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