Multiplier les sources de financement de sa PME

C’est en 2017 que Yvan Girboux a décidé de prendre le virage entrepreneurial. Avec deux anciens collègues, Stéphane Zapotoczny et Enrico Perale, il fonde l’entreprise Separtech, un « atelier » de fabrication de tamiseurs vibrants industriels. Une aventure, exigeante sur le plan financier, rendue possible, entre autres, grâce à l’aide régionale et au soutien de leur entourage…

Lorsque l’entreprise d’équipements de séparation de particules qui l’emploie décide de fermer son usine de Nivelles pour ne conserver qu’un bureau commercial, Yvan Girboux a une révélation : créer sa propre entreprise. « Je pouvais garder mon poste, mais cela n’avait aucun intérêt sans le volet “production” », explique-t-il. L’ex-directeur commercial est rapidement rejoint par deux anciens collègues. Un trio, bien décidé à faire valoir ses compétences…

Pendant plusieurs mois, ils mûrissent la création de Separtech. « L’envie d’entreprendre m’a toujours titillé, mais jamais au point de franchir le cap. Cette fois, c’était différent ! ». Après avoir mis à l’épreuve leur capacité à collaborer, le trio décide de se lancer. « La réussite de Separtech repose vraiment sur notre complémentarité et notre engagement individuel sans faille. » Un succès qui s’appuie également sur le support inconditionnel de leurs proches. « Nos familles étaient emballées par le projet et prêtes à soutenir nos efforts. C’était d’ailleurs agréable de sentir leur engouement tout au long du processus de création. »

Un financement diversifié pour le lancement

Confiants, ils développent leur produit phare, un tamiseur vibrant. Un équipement industriel nécessaire à des milliers de processus de production. « Notre machine est prête à l’emploi et remplit plusieurs fonctions. Elle permet d’éviter la présence de corps étrangers dans certains types de produits, tels que les sucres et les farines. Le tamiseur est aussi capable de classifier un produit en fonction de la taille de grain ou encore de filtrer, par exemple, du chocolat pour écarter les fèves de cacao mal broyées. Elle peut également séparer les matières solides et liquides, ce qui représente en enjeu clé en matière de recyclage, pour le traitement des eaux usées et des déchets ».

Si, au départ, les feux étaient au vert sur le plan technique, encore fallait-il financer le démarrage. « Notre apport s’élevait à 60.000 euros, mais ce montant a été rapidement absorbé », précise Yvan. « C’est pourquoi le plan financier prévoyait le recours à des capitaux extérieurs, grâce au soutien de la banque et de la Région wallonne ». Dans la foulée, le trio obtient deux crédits bancaires, assortis de garanties et de prêts subordonnés, accordés par la Sowalfin. « J’avais découvert ce dispositif “mixte”, lors d’une formation sur les aides au démarrage en Wallonie.» Un montage qui a permis de couvrir les besoins financiers de Separtech.

Des proches engagés pour soutenir la croissance

Bien informé sur les aides régionales, le cofondateur de Separtech active un autre mécanisme public : le prêt « coup de pouce ». « Mon beau-père a contribué avec 10.000 euros d’épargne privée », précise Yvan. « Le principe était alléchant, car cela nous permettait évidemment de lever des fonds, mais aussi de tester le projet auprès de notre entourage. La famille et les amis finissent par soulever des questions, auxquelles nous ne pensons pas forcément. » Une opération win-win, puisque le prêteur obtient un bonus fiscal. « En plus, le processus est simple à mettre en place. D’ailleurs, nous allons remettre le couvert pour continuer à financer notre croissance. »
Et pour cause, la société, qui emploie une dizaine de personnes, poursuit son envolée. « La croissance est très exigeante sur le plan des liquidités : l’argent qui rentre, repart très vite. Nous allons, par exemple, doubler notre capacité de production. Cela signifie des moyens supplémentaires pour un nouveau hall de fabrication, plus d’équipements et de marchandises. » Un défi que le trio semble parfaitement maîtriser !

L’ÉPARGNE PRIVÉE, ALTERNATIVE AU FINANCEMENT CLASSIQUE

Avec le prêt « coup de pouce », un particulier peut prêter de l’argent à une entreprise wallonne. Il investit son épargne dans l’économie réelle, tout en aidant un proche à développer son activité. En échange ? Un bonus fiscal sous la forme d’un crédit d’impôt.

Les modalités du « coup de pouce »

La durée du prêt est fixe et peut être de 4, 6, 8 ou 10 ans, avec un taux d’intérêt variant entre 0,875% et 1,75%. Du côté des montants, le particulier peut mobiliser jusqu’à 125.000 euros, alors que la PME peut recevoir un maximum 250.000 euros.

Les avantages pour le prêteur

Le principal atout est fiscal, puisque le particulier reçoit un crédit d’impôt annuel de 4% pendant les 4 premières années. Celui-ci passe ensuite à 2,5%.

Comment introduire un dossier ?

C’est simple ! Après avoir prêté l’argent à l’entrepreneur, il suffit de remplir un contrat de prêt (disponible en ligne) et d’imprimer la convention et la demande d’enregistrement. Ce dernier document est à renvoyer à la Sowalfin pour validation et enregistrement.

Pour plus d’informations, consultez le site www.pretcoupdepouce.be

DES MECANISMES D’AIDE POUR FAIRE FACE À LA CRISE

Pour contrer les conséquences de la pandémie de coronavirus, la Région wallonne a mis en place une série de mécanismes pour aider les entreprises.

Le prêt « conjoint »

Ce dispositif complète le prêt « coup de pouce » : une entreprise wallonne soutenue par son entourage peut également solliciter un prêt à la Sowalfin d’un montant et d’une durée identiques. Le minimum est de 50.000 euros, éventuellement obtenus auprès de différents prêteurs, avec un taux fixe de 2,5% par an.

Tous les détails et le formulaire de demande sur www.pretcoupdepouce.be/pret-conjoint-sowalfin

Le prêt « ricochet »

Autre levier proposé par la Socamut, filiale de la Sowalfin ? Le prêt « ricochet » dont le principe consiste à combiner
– une garantie de la Socamut de maximum 75% sur un crédit bancaire plafonné à 30.000 euros ;
– et/ou un prêt subordonné de la Socamut au taux de 0% et équivalent au maximum à 50% du crédit.

L’entreprise peut donc obtenir un financement jusqu’à 45.000 euros, grâce à un dispositif rapide et pratiquement automatique, puisque tout se déroule via la banque partenaire.

www.sowalfin.be/ricochet

En savoir plus sur les aides au financement :
Prêt coup de pouce : www.pretcoupdepouce.be
Prêt ricochet : www.sowalfin.be/ricochet
L’essentiel pour entreprendre en Wallonie : www.1890.be

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