Still Standing: un appel à faire culture dans tout le pays ce samedi

En juin 2020, Still Standing #1 entendait déjà attirer l’attention des décideurs sur la condition du secteur culturel.
En juin 2020, Still Standing #1 entendait déjà attirer l’attention des décideurs sur la condition du secteur culturel. - Pierre-Yves Thienpont

S till Standing, clap troisième ! Après s’être figés pendant 15 minutes pour dénoncer la paralysie du secteur culturel en juin dernier, et après avoir organisé un cabaret satirique sur les marches de la Monnaie en janvier, les artistes changent une nouvelle fois de braquet. Puisque la question culturelle semble toujours largement absente des préoccupations politiques, Still Standing for Culture #3 organise une nouvelle opération, d’une ampleur inédite. Ce samedi 20 février, des centaines d’actions auront lieu à travers toute la Belgique.

Sous le nom de code « On fait culture », cette association rassemblant une impressionnante liste de lieux culturels, collectifs et fédérations des arts et de la création à travers tout le pays, lance un appel citoyen pour organiser des actions déjouant les règles actuelles ou s’insinuant dans les interstices ambigus des mesures paralysant aujourd’hui tout le secteur culturel.

Concerts inattendus et artistes au musée

Plus de 200 actions, dans une cinquantaine de villes du pays, sont déjà annoncées. En hommage notamment à Quentin Dujardin, dont le concert dans une église (face à une jauge de 15 personnes, telle qu’autorisée dans le cadre du culte) a été interrompu par la police, une série de concerts prendra notamment place dans des dispositifs insolites : chorale sans choristes, concert de plantes, concert pour vaches, concerts suspendus, à vélo, en voiture, et même dans un cimetière. Mais la culture se manifestera aussi par le biais d’émissions radio, d’interventions aux balcons, ou dans les vitrines de bars fermés ou de magasins. Muziekpublique, le Cinéma Nova, le Cercle du Laveu ou encore le Centre culturel de Dinant annoncent leur reconversion en musées tandis que Kanal Centre Pompidou exposera sa collection la plus précieuse : des artistes ayant dû se transformer, se réinventer ou simplement s’oublier pour s’adapter.

Files d’attente virtuelles

Certains théâtres ou lieux culturels comme la Balsamine, les Martyrs, l’Abbaye de Floreffe ou La Roseraie deviendront des parcs artistico-zoologiques. Exercices physiques dansés, itinéraires de balades à parcourir en « bulles », déambulations poétiques, installations éphémères, boîtes à films, performances furtives dans l’espace public que les spectateurs croiseront au hasard d’un coin de rue : chaque artiste ou institution est invité à mettre en place un geste qui exprime la diversité des pratiques culturelles. Quant au public, s’il ne pourra pas assister en nombre à ces actions, il aura toutefois l’occasion d’apporter sa pierre à l’édifice, ou plutôt sa paire de chaussures. En effet, de nombreux lieux, comme la Maison de la culture de Tournai, collectent vos souliers pour organiser des files d’attente de spectateurs virtuels. Autant de paires de chaussures qui symboliseront les longs cortèges de publics en attente devant les lieux culturels fermés. La collecte de témoignages écrits ou filmés permettra aussi d’exprimer ce manque de culture chez les citoyens.

Au-delà de la volonté de recommencer à « faire culture », les organisateurs entendent dénoncer « l’iniquité des mesures actuelles mais aussi leur incohérence et parfois leur absurdité. » Dans un communiqué, le mouvement Still Standing for Culture précise ses motivations : « Nous ne voulons plus de confinements ciblés arbitrairement sur certains secteurs, il faut répartir équitablement le poids des efforts sur l’ensemble de la société. Au fil des vagues de covid-19, nous nous trouvons dans une situation de long terme qui nécessite de sortir d’une logique d’urgence et d’exception. La crise n’est plus seulement sanitaire, elle est sociale, économique, démocratique, culturelle… Bien sûr que la précarité gagne et qu’il faut soutenir les travailleuses et travailleurs des arts et de la culture. Bien sûr que les lieux culturels doivent rouvrir. Mais au-delà de ça, c’est la logique consistant à fermer « des vannes » pour permettre à d’autres de rester ouvertes à plein débit, qui doit cesser. Nous sommes solidaires avec toutes les personnes et tous les secteurs frappés par l’épidémie ou par sa gestion. Nous ne voulons pas d’une société qui oppose les secteurs entre eux. Nous revendiquons une approche de l’épidémie qui se soucie des risques sociaux, psychosociaux et économiques, de la santé mentale, des droits et des libertés. »

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