20 ans de prison et une autre peine de 2 ans réclamés contre Farid Hakimi

20 ans de prison et une autre peine de 2 ans réclamés contre Farid Hakimi

Le procureur fédéral a réclamé lundi, devant la cour d’appel du Hainaut, une première peine de prison de 20 ans et une deuxième de 2 ans à l’encontre du boxeur Farid Hakimi, poursuivi dans le cadre d’une affaire de home-invasions, perpétrées dans le Hainaut et le Brabant wallon entre 2015 et 2016, et d’un vaste trafic de stupéfiants organisé dans la région de Mons.

Lundi, le procureur fédéral a réévalué certains points sur lesquels il avait fait appel de la condamnation à 14 ans de prison de Farid Hakimi. Ainsi, une agression perpétrée dans une discothèque, pour laquelle le boxeur avait été déclaré coupable par le tribunal, est indépendante des autres faits, a estimé le ministère public. Ce dernier a réclamé une peine de deux ans de prison pour cette agression.

Par contre, le ministère public considère que Farid Hakimi organisait toutes les attaques à main armée pour lesquelles le prévenu a été condamné en première instance, ainsi que le trafic de drogues. «Il recrutait les membres, avait autorité sur eux et leur donnait des instructions, même depuis la prison», a insisté le procureur Julien Moinil. Celui-ci estime donc que le boxeur était bel et bien le chef d’une association criminelle, contrairement à ce qu’avait statué le tribunal.

De son côté, l’avocat de Farid Hakimi, Me Discepoli, juge les poursuites irrecevables. Le chef d’enquête de cette affaire doit en effet être jugé en mai devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour violation du secret professionnel. Il entretenait une relation sentimentale avec la compagne de Marwane Hamouda, un autre prévenu du dossier. En vertu de cette relation, les poursuites envers Marwane Hamouda avaient été considérées irrecevables par le tribunal. Pour la défense de Farid Hakimi, le boxeur aurait dû bénéficier de la même mesure car la majorité des procès-verbaux contenus dans le dossier répressif a été rédigée par le chef d’enquête.

Mais le procureur a demandé à la Cour de ne pas tenir compte de cette demande d’irrecevabilité formulée par la défense car, selon lui, rien ne reliait la compagne de Marwane Hamouda à Farid Hakimi.

Le ministère public, qui avait fait appel de plusieurs acquittements, a abandonné la remise en question de certains d’entre eux mais en a contesté d’autres, notamment concernant l’attaque perpétrée au domicile privé d’un restaurateur italien de la région de Mons, qui avait sponsorisé le boxeur dans le cadre de ses activités sportives.

Si la peine de 14 ans de prison prononcée en première instance devait être confirmée, Farid Hakimi passera peu de temps en prison puisqu’il est détenu - d’abord préventivement, puis sous surveillance électronique - depuis quatre ans, a insisté le procureur. Selon lui, une peine de 20 ans est nécessaire compte tenu de la gravité des faits et de la personnalité antisociale de Farid Hakimi. Le boxeur a mené un train de vie élevé durant de longues années, alors qu’il bénéficiait d’allocations de la mutuelle, et il a également brisé de nombreuses vies, a souligné le ministère public.

Enfin, le procureur estime que le risque de récidive est important. Il a requis une interdiction des droits du prévenu pour une durée de 10 ans et demandé une confiscation de 600.000 euros, alors que le tribunal avait confirmé une saisie de 100.000 euros, et une amende de 8.000 euros.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous