Déconfinement: les scientifiques plaident le statu quo pour mars

Alexander De Croo a donné ce lundi une conférence de presse en compagnie des porte-paroles interfédéraux de la lutte contre le coronavirus, Steven Van Gucht et Yves Van Laethem. « C’est le bon moment pour regarder les chiffres et effectuer une analyse scientifique, a annoncé le Premier ministre. On va expliquer quelle est la situation. »

La Belgique se trouve sur un plateau et déplore moins de décès que les pays voisins. « Notre deuxième vague a fait plus de décès que la première », a contextualisé Yves Van Laethem. « Dans les premiers mois de la pandémie, la Belgique a subi la plus haute mortalité d’Europe et peut-être du monde, a rappelé Steven Van Gucht. Mais à présent, par million d’habitants, la situation est meilleure que dans les pays voisins. »

Les deux experts assurent par ailleurs que nous sommes encore « très loin » de l’immunité collective.

Différents scénarios de déconfinement

Quatre scénarios de déconfinement ont ensuite été présentés : l’absence d’assouplissements, l’assouplissement au premier mars, au premier avril et au premier mai, rapportées à la hausse probable des hospitalisations.

Ces modèles mathématiques, qui se basent notamment sur les informations concernant les contacts sociaux, comportent cependant des incertitudes. Différents facteurs pourraient influencer les choses, notamment une plus grande proportion des hospitalisations et des décès qui seraient liés au variant britannique, ou encore l’impact de la saison, qui pourrait lui avoir un effet bénéfique.

Le premier scénario prévoit le maintien des mesures actuelles dans les prochains mois. On peut observer dans le cas le plus défavorable, « une petite 3e vague venant de l’augmentation du variant britannique », a pointé le professeur Franco.

Si les contacts augmentent au 1er mars ( scénario deux ), avec une levée des mesures simultanées pour retomber à la même situation que septembre, on constate plusieurs problèmes. « Le scénario le plus probable montre une augmentation assez forte des hospitalisations », comme lors des deux précédentes vagues. Le scénario du pire dépasse, lui, clairement la capacité des hôpitaux.

Si on prend la même hypothèse de redémarrer comme en septembre non pas en mars mais en avril (scénario 3), on voit que les courbes « sont beaucoup plus gentilles », a-t-il ajouté. Celle qui estime que le variant est 50 % plus contagieux est davantage « sous contrôle », du fait notamment d’une campagne de vaccination beaucoup plus avancée.

Quant au dernier scénario (scénario 4), qui imagine l’hypothèse d’un relâchement seulement au 1er mai, la situation apparaît, même dans le pire des scénarios, « sous contrôle complet », ce qui « donne de bonnes perspectives » pour les mois de mai, juin et de l’été, estime le chercheur de l’UNamur.

Trois à quatre semaines

Les experts estiment qu’en attendant trois à quatre semaines avant d’assouplir, on aura une vision plus juste du comportement des variants. « Il faut rester prudent pour éviter une troisième vague, a expliqué Alexander De Croo dans la foulée. Je ne dis pas que rien n’est possible en mars, mais il faudra rester prudent ce mois encore, a-t-il poursuivi. Le risque de troisième vague s’atténuera ensuite. »

En ce qui concerne la pression sur les hôpitaux, un retour à la vie d’avant ne sera « gérable » qu’à partir du 1er mai, selon les modèles scientifiques.

Le gouvernement fédéral et les entités fédérées se réuniront à nouveau vendredi lors d’un Comité de concertation.

 
 
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