Marius Gilbert: «Si on élargit la bulle à 5, les gens verront 10 personnes»

Il y a un besoin de libération très légitime de la population par rapport aux mesures. Le problème, c’est que si la bulle d’une personne semble disproportionnée – à titre personnel, je pense depuis le début qu’elle est irréaliste parce que trop contraignante –, elle donne un cadre et fait partie d’un ensemble de mesures. Or, on a déjà vu que quand on relâche un certain nombre de choses, c’est perçu comme un signe d’assouplissement généralisé », analyse Marius Gilbert, après la sortie médiatique de Jean-Marc Nollet avouant qu’il ne respectait plus, depuis quelques semaines, la bulle de 1.

« Qu’une bulle aussi stricte soit devenue inadaptée, c’est une vraie question à poser lors du prochain Codeco », complète l’épidémiologiste. Mais il s’inquiète aussi du risque d’un déplacement de la norme.

Le fond de l’air rappelle en effet celui de la fin de l’été et le ressac qui s’en est suivi : « C’est exactement le même phénomène qui s’est produit en septembre », se remémore Gilbert. « La bulle de quatre était jugée irréalisable, on disait alors que c’était trop dur à respecter. Pour récupérer l’adhésion, le politique l’a élargie et ça a été interprété comme un assouplissement qui a abouti à un déplacement de la norme. Le risque, aujourd’hui, c’est ça : que les personnes qui s’en tenaient à un contact rapproché en aient cinq et que celles qui en avaient cinq en aient quinze. »

>> Les experts condamnent les aveux de Nollet : « C’est assez risqué d’un point de vue épidémiologique »

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