Pourquoi notre intestin est notre deuxième cerveau

Pourquoi notre intestin est notre deuxième cerveau

C'est en 1999 que le Professeur Michael Gershon de l'Université de Columbia qualifie pour la première fois notre intestin de deuxième cerveau. Dans son best-seller « The second Brain», il explique les étonnants résultats de ses recherches en neuro-gastro-entérologie, confirmés depuis lors par de nombreuses nouvelles études.

Gershon affirmait déjà, il y a 20 ans, que notre ventre possède bien un cerveau : les cellules nerveuses de l'intestin proviennent en effet de la même souche embryonnaire que ceux du cerveau. Et ce n'est pas tout ! Les neurones de notre système nerveux intestinal produisent carrément des neurotransmetteurs identiques à ceux de notre cerveau principal.

La science est formelle : ces deux cerveaux, celui de la tête et celui de notre ventre, doivent coopérer. Sinon, c'est le chaos assuré, partout dans le corps. L'air de rien, ces découvertes sont venues confirmer ce que les Taoïstes savaient depuis des millénaires : le corps humain est régi par le cerveau cérébral et le cerveau abdominal. Tout déséquilibre provoque le chaos.

Cerveaux cérébral et intestinal sont définitivement liés

L'intestin n'est pas un organe anecdotique : il fait près de 8 mètres de long, héberge jusqu'à 1000 milliards de bactéries et 400 à 600 millions de neurones. Cerveau et intestins communiquent grâce aux nerfs sympathique et parasympathique, logé dans une zone de notre cerveau et  de la moelle épinière. Ils vont véhiculer les informations motrices, ce qui va permettre le transit.

Et ce n'est pas tout : les informations véhiculées sont aussi de types sensoriels et sensitifs. Cela signifie que nos émotions sont elles aussi ressenties dans cet intestin. L'air de rien, la langue française regorge d'expressions qui ont compris cela très tôt : avoir l'estomac noué, avoir la peur au ventre ou ne pas pouvoir digérer une situation.

D'un point de vue purement scientifique, l'anxiété, la peur et le stress envoient des messages aux intestins, qui se contractent alors. Résultat : le transit est perturbé. Dans des situations de tension, nos cellules s’écartent. Conséquence : la barrière n’est plus intacte et elle devient perméable, ce qui permet à des substances nuisibles de pénétrer dans l’organisme. Des études ont prouvé que la dépression peut être associée à cette hyperperméabilité intestinale.

L'intestin est un formidable vecteur de sensations et d'émotions : plaisir, enthousiasme, découragement, plaisir, déplaisir. D'où l'importance de le protéger.