Sommet européen: l’UE se tâte pour durcir le ton sur les exportations de vaccins

Les dirigeants européens réunis en sommet par visioconférence n’ont pas réussi à trancher leurs divergences sur le futur «passeport vaccinal».
Les dirigeants européens réunis en sommet par visioconférence n’ont pas réussi à trancher leurs divergences sur le futur «passeport vaccinal». - Reuters

Il semble que les explications du PDG d’AstraZeneca, Pascal Soriot, sur les retards de livraisons de doses contre le covid-19 devant les eurodéputés, jeudi, n’ont pas convaincu les dirigeants européens qui se retrouvaient le soir même. Certains « chefs » auraient demandé à la Commission pourquoi l’UE n’imitait pas les Etats-Unis ou le Royaume-Uni en interdisant les exportations de vaccins.

« C’est une approche différente », a expliqué la présidente de l’institution européenne, Usrula von der Leyen. L’UE a mis en place un mécanisme de transparence et d’autorisation des exportations. « J’ai été claire sur le fait que notre mesure n’était pas dirigée vers un pays mais focalisée sur la question de savoir si les entreprises qui exportent honorent leurs contrats avec l’UE », a-t-elle ajouté. Et d’expliquer que Pfizer/BioNTech était responsable pour 95 % environ des exportations, le reste étant Moderna. « Les deux respectent leurs contrats européens. Nous sommes en discussion avec AstraZeneca où il y a de la marge d’amélioration. Nous surveillons de très près ce qu’il se passe », a-t-elle dit.

Charles Michel, président du Conseil européen, a ajouté qu’il fallait trouver un équilibre entre la transparence et un dialogue étroit avec les Etats-Unis « pour éviter de mettre en danger la chaîne de production » de vaccins. La Belgique plaide au contraire pour un assouplissement du mécanisme de transparence des exportations pour les petits envois et est soutenue, selon le Premier ministre, Alexander De Croo, par l’Irlande et la Suède.

Selon un graphique de la Commission, pour le second semestre, la livraison de 200 millions environ de doses serait garantie, celle de 200 autres millions attendrait confirmation et celle de 50 millions supplémentaires serait planifiée pour des vaccins « pas encore autorisés ».

Vu le temps que prend le processus, difficile à ce stade d’évoquer les portes qu’ouvriraient un certificat de vaccination. En séance, les Grecs auraient évoqué non plus un passeport vaccinal qui permettrait de voyager, mais une sorte de green lane qui permettrait juste de voyager plus facilement. Une chose est sûre à ce stade : un certificat européen (sans présager de ce qu’il permettra) est nécessaire, car Google ou Apple ont proposé leurs solutions à l’Organisation mondiale de la santé, a prévenu von der Leyen, insistant sur la sensibilité des données concernées.

Interdiction de voyages

Le Premier ministre De Croo a par ailleurs paru conforté par ses pairs dans l’interdiction belge des voyages non essentiels, malgré les rappels à l’ordre de la Commission. « Il est clair que le raisonnement est partagé par beaucoup de pays. C’est expliquer que pour nous, (cette interdiction) fait partie d’une série de mesures et dans la situation délicate dans laquelle on se trouve, on veut éviter que les variants soient un élément qui peut mettre le feu et mener à une situation exponentielle ».

Il a ajouté avoir pu montrer que la Belgique avait trouvé une manière « de faire fonctionner la distinction entre les voyages essentiels et non essentiels. Je comprends naturellement que la mesure doit être limitée dans le temps, mais il faut mettre à côté la nécessité et l’effectivité de la mesure. Et de citer les propos du biostatisticien Geert Molenberghs qui estime que l’interdiction des voyages a permis de faire baisser de 80 % la propagation des variants. Je comprends que la mesure n’est pas évidente, mais il y a d’autres domaines où l’on prend aussi des mesures qui ne sont pas évidentes, il y avait des doutes mais on a montré qu’on est capable de faire fonctionner cela », a dit le Premier. Selon la Commission, la Belgique n’a à ce stade pas notifié l’UE d’une prolongation des contrôles aux frontières, qui avait été étendue jusqu’au 25 février.

 
 
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