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«C’était la seule bonne décision»: les experts réagissent après le Comité de concertation

Le Comité de concertation a décidé de ne pas assouplir les mesures en vigueur vu la situation épidémiologique des derniers jours. Qu’en pensent les experts ?

Temps de lecture: 4 min

Les différents gouvernements du pays ont décidé vendredi de ne pas assouplir les mesures en vigueur vu la situation épidémiologique des derniers jours. A une exception près toutefois : le couvre-feu en Wallonie sera aligné sur ce que prévoit l’arrêté ministériel, c’est-à-dire qu’il s’appliquera de 24h à 5h. A Bruxelles, il restera en revanche d’application de manière inchangée, c’est-à-dire de 22h à 6h.

« Je pense que c’était la seule bonne décision », a réagi le virologue Marc Van Ranst à VTM NIEUWS, après cette annonce.

« Les chiffres n’étaient pas bons du tout », a-t-il expliqué. Selon le virologue, le paquet de mesures actuel est suffisant mais force est de constater que les règles ont été moins bien suivies ces dernières semaines. « Tout le monde en a marre, c’est incontestable, mais le virus n’en tient pas compte. »

Plus tôt dans la journée, le virologue Steven Van Gucht a indiqué que le seuil des 200 hospitalisations quotidiennes pourrait être dépassé ce vendredi, une première depuis le 29 décembre dernier. « C’est une augmentation significative », confirme Marc Van Ranst. « C’est probablement dû aux nouveaux variants, qui sont un peu plus contagieux et apparemment un peu plus pathogènes. Espérons que ce soit un phénomène temporaire. »

Le virologue souligne que les perspectives sont positives notamment grâce aux vaccins, même si la vaccination de la population est plus lente que prévu, mais qu’il faut continuer à respecter les mesures.

Yves Van Laethem ne dit pas autre chose : « Je pense qu’il s’agit là d’une sage décision ». Pour le porte-parole interfédéral du Centre de crise, les chiffres actuels peuvent être le signe d’ « une bombe qui risque d’exploser. En prenant la décision de ne pas assouplir les mesures tout de suite et de reporter le comité de concertation d’une semaine, les dirigeants se laissent le temps de voir s’il s’agit réellement d’une réelle bombe ou d’un faux signal », estime-t-il auprès de nos confrères de la DH.

Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral du Centre de crise.
Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral du Centre de crise. - Photo News

Trop tôt pour parler de troisième vague, selon Yves Coppieters

Il est impossible pour le moment de déterminer si la Belgique reste sur un plateau concernant la progression du coronavirus ou si la récente hausse des chiffres de l’épidémie représente le début d’une courbe exponentielle, a quant à lui indiqué l’épidémiologiste Yves Coppieters sur le plateau de la RTBF. Selon lui, la question ne sera pas non plus tranchée dans une semaine.

L’épidémiologiste Yves Coppieters (ULB).
L’épidémiologiste Yves Coppieters (ULB). - Photo News

A l’issue du Comité de concertation, le ministre-président wallon Elio Di Rupo a évoqué le risque d’une troisième vague. « La question se pose de savoir si nous sommes entrés dans une troisième vague, si l’on va rester stable ou diminuer. Si on entre dans une troisième vague, on est dans une exponentielle et ça va aller très vite », a-t-il déclaré.

La hausse du nombre de cas et des hospitalisations est réelle mais il est trop tôt pour évoquer une troisième vague, a souligné Yves Coppieters. « La moitié des personnes positives sont contaminées par le variant britannique, qui se propage plus facilement. C’est ça le problème, ce variant est en train de créer une nouvelle phase épidémique. Il devrait représenter 70 % des cas en mars. »

Les vaccins utilisés restent heureusement efficaces et le Danemark est parvenu à maîtriser sa deuxième vague alors que le variant britannique représentait 70 % des cas, a-t-il cependant rassuré.

Mais alors que le comité de concertation a décidé de reporter d’éventuelles mesures et de réévaluer la situation vendredi prochain, l’épidémiologiste ne voit pas de perspectives beaucoup plus claires dans une semaine. « Si la hausse est vraiment exponentielle, c’est trop court pour se confirmer en une semaine », analyse-t-il. « Il faut observer le temps de doublement des indicateurs, mais on ne le saura pas dans une semaine. »

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21 Commentaires

  • Posté par Simon Marie Thérèse , samedi 27 février 2021, 10:17

    La photo de certains provoque des nausées. Avons-nous encore un vrai gouvernement ou sommes nous dirigés par certains experts de plus en plus de personnes disent qu'elles ne voteront plus jamais. C'est inquiétant. Allons-nous vers un mai 2021 qui ressemblera à mai 68

  • Posté par Smyers Jean-pierre, samedi 27 février 2021, 18:59

    Mme Simon a connu la guerre de '14, je crois.

  • Posté par Lamproye Marc, samedi 27 février 2021, 12:18

    Vous avez connu mai 68 ?

  • Posté par Baeyens Remi, samedi 27 février 2021, 9:40

    Pourquoi ne parlent-ils pas de la vaccination ? Elle est désastreuse avec l'incompétence (le mot est faible) des autorités organisatrices.

  • Posté par MAESEN Jean-Luc, samedi 27 février 2021, 10:04

    Il en est tout de même dit quelques mots dans le texte de l'article : "Le virologue souligne que les perspectives sont positives notamment grâce aux vaccins, même si la vaccination de la population est plus lente que prévu, mais qu’il faut continuer à respecter les mesures."

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