Évacuation de l’Institut Pacheco à Bruxelles: les militants déplorent un choix de la répression

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«Les responsables politiques communaux bruxellois, Khalid Zian, président du CPAS, et Philippe Close, bourgmestre, ont opté pour une répression violente plutôt qu’une négociation», ont déploré samedi les militants de la Campagne de Réquisitions Solidaires. Certains d’entre eux se sont installés vendredi après-midi dans l’Institut Pacheco à Bruxelles, vide depuis plusieurs années, pour dénoncer le fait que de nombreux bâtiments sont laissés à l’abandon alors que des milliers de personnes sont sans logement. Quelques heures plus tard, la police a procédé à leur évacuation de force. Une quarantaine d’entre elles ont été arrêtées administrativement.

« Coups de pied et violences verbales »

Les militants dénoncent également avoir subi de la violence physique. «Nous avons été éjectés sans ménagement. Des personnes ont reçu des coups de pied dans la tête et ont subi des violences verbales. Nous nous demandons d’où vient une réaction si forte contre une action solidaire qui a été plutôt bien accueillie dans d’autres communes et par la Région de Bruxelles-Capitale ces dernières semaines», ont-ils réagi.

L’Institut Pacheco, également connu sous le nom de Grand Hospice, est un bâtiment classé appartenant au CPAS de la Ville de Bruxelles. Le bâtiment est vide depuis quatre ans, en attente de rénovation.

«Le CPAS justifie l’expulsion par le fait qu’une occupation temporaire serait actuellement envisagée et qu’un appel public va bientôt être lancé. Khalid Zian va jusqu’à affirmer qu’une occupation pour de l’hébergement aurait été possible ’à condition qu’elle soit correctement encadrée et concertée préalablement’. Or, les autorités communales ont été sollicitées à plusieurs reprises par rapport à ce bâtiment et ont refusé à chaque fois de le mettre à disposition», ont encore déclaré ceux qui militent pour le droit au logement pour tous.

Bruxelles: «38 interpellations» en marge de l’occupation de l’ancien hospice Pacheco

Par Arthur Sente

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La police de la zone Polbru est intervenue en début de soirée en vue de déloger un collectif d’une cinquantaine de squatteurs qui s’était introduit plus tôt dans l’après-midi au sein de l’ancien home Pacheco, priorité historique du CPAS de Bruxelles située en plein centre-ville. La campagne « Réquisition solidaire », qui fédère plusieurs collectifs de squatteurs et de militants pour le droit au logement – et qui a mené plusieurs opérations de ce type au cours de ces dernières semaines – avait communiqué plus tôt dans la journée afin de revendiquer cette occupation politique.

Une occupation répondant à l’urgence sociale

« L’ancien hospice est un bâtiment particulièrement emblématique du manque de pro activité – voire de la mauvaise volonté – des pouvoirs publics » avait dénoncé la plateforme par voie de communiqué. « Vide (et gardienné) depuis quatre ans, une occupation temporaire serait actuellement envisagée par le CPAS mais avec des opérateurs privés et sans espace de logement. La campagne de réquisitions solidaires et la voix des sans-papiers se réjouissent donc de proposer plutôt une occupation répondant à l’urgence sociale, adaptée au bâtiment et sans aucune finalité lucrative. » Selon la plateforme, l’objectif du coup de force ainsi mené visait à loger temporairement des membres du collectif La Voix des Sans-Papiers, qui occupe de manière précaire plusieurs bâtiments bruxellois depuis plusieurs années.

« S’ils viennent avec un projet, alors la porte est ouverte pour en parler »

Une initiative visiblement peu au goût du CPAS et de son président, le socialiste Khalid Zian. « On a appris vers 17h40 qu’un collectif était entré dans l’institut Pacheco sans autorisation. On a reçu un mail de leur part pour nous informer du fait qu’ils demandaient une autorisation d’occupation temporaire », nous fait savoir sa porte-parole. « On a été mis devant le fait accompli, de manière un peu surprenante car on a toujours dit qu’on était ouverts à des conventions d’occupation. S’ils viennent avec un projet, alors la porte est ouverte pour en parler. »

Rapidement, la police s’en est en tout cas mêlée. « Vers 18h on nous a signalé la présence de personnes dans le bâtiment. A la demande du CPAS, nous sommes intervenus », indique Ilse van de Keer, porte-parole de la zone de police. « Nous avons interpellé 38 personnes qui pourront disposer après identification. »

Sur le coup de 21h, les personnes interpellées ont progressivement commencé à être libérées, nous indique une porte-parole de la plateforme.

 
 
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