La BRI retrouve certains excès de la bulle internet dans la récente hausse des marchés

En février, plusieurs grands indices boursiers ont atteint des sommets, portés par les espoirs de reprise économique, les plans de relance et l'optimisme "prudent" bien que "fluctuant" sur une éventuelle sortie de la pandémie grâce aux vaccins, sur fond de politiques monétaires toujours très accommodantes, a retracé la BRI dans son rapport trimestriel.

L'appétit pour le risque s'est également manifesté sur les marchés obligations avec le dynamisme des émissions d'emprunts, y compris de la part d'entreprises faiblement notées. Mais ces nouveaux sommets n'ont pas été sans raviver des souvenirs "du boom des valeurs technologiques de la fin des années 1990", a noté cette institution considérée comme la banque centrale des banques centrales.

Multiplication des introductions en Bourse, levée de fonds sur les marchés émanant de sociétés pourtant peu rentables, spéculation de particuliers qui empruntent pour investir en Bourse, recourent à des options mais cette fois se coordonnent aussi sur les réseaux sociaux... La BRI a énuméré les signes d'exubérance qui, comme à la fin des années 1990, ont "refait surface".

Mais cette poussée de fièvre s'est opérée alors que de plus en plus d'acteurs s'attendent à une remontée des prix face à l'ampleur des plans de relance, ce qui se retrouve dans les titres à revenu fixe pour lesquels les investisseurs ont exigé une meilleure rémunération contre les risques d'inflation.

Aux Etats-Unis comme en Europe, les courbes des rendements pour les emprunts d'État ont vu leur pente s'accentuer, a souligné l'institution basée à Bâle, en Suisse.

Jusqu'à présent, les valorisations de nombreux actifs s'appuient sur l'idée que les taux d'intérêts sont durablement bas, a souligné Claudio Borio, son chef du Département monétaire et économique, lors d'une conférence de presse. Les investisseurs voyaient jusqu'à maintenant des taux bas "aussi loin que leur regard pouvait se porter; mais aujourd'hui ils commencent à avoir des doutes sur la durée de ces conditions", a-t-il fait valoir.

Or, si les conditions devaient changer pour les taux d'intérêt, les perspectives pour ces actifs changeraient elles aussi, a-t-il mis en garde.

Dans son rapport trimestriel, la BRI a insisté sur le fait que les rendements des actions sont plus sensibles aux nouvelles sur les taux d'intérêt lorsque ceux-ci sont bas, en particulier quand les valorisations sont tendues.

La BRI revient chaque trimestre sur les grands mouvements de l'économie et des marchés, analysés dans la perspective des banques centrales.

 
 
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