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L’Etat français reconnaît l’assassinat et la torture du militant algérien Ali Boumendjel

L’avocat nationaliste avait été jeté d’un immeuble en 1957, après près de deux mois d’incarcération et de tortures par l’armée française. A l’aube des 60 ans de l’indépendance algérienne, Emmanuel Macron fait un geste d’apaisement.

Temps de lecture: 3 min

Le président français a promis que son geste « n’est pas un acte isolé ». Emmanuel Macron a reconnu mardi, « au nom de la France », que l’avocat et dirigeant nationaliste Ali Boumendjel avait été « torturé et assassiné » par l’armée française pendant la guerre d’Algérie. Le dirigeant a ainsi posé un geste d’apaisement sur l’histoire de la colonisation française en Algérie après le rapport sur la question de l’historien Benjamin Stora.

Partisan réservé de la lutte armée du FLN, Ali Boumendjel était membre de l’Union démocratique du Manifeste algérien (UDMA). Pour l’UDMA, « la future société (algérienne, NDLR.) se devait d’englober toutes ses minorités, juives et européennes comprises », souligne un article de la revue Afrique contemporaine, consacré au livre de Malika Rahal, Ali Boumendjel. Une affaire française. Une histoire algérienne.

Au moment de son arrestation en 1957, Boumendjel faisait le lien entre la direction de l'UDMA et la direction algéroise du FLN. « Au coeur de la Bataille d’Alger, il fut arrêté par l’armée française, placé au secret, torturé, puis assassiné le 23 mars 1957 », détaille l’Elysée dans un communiqué . Ali Boumendjel avait été jeté du 6e étage d’un immeuble. Sa mort avait créé une onde de choc sans précédent en métropole.

En 2000, « Paul Aussaresses (ancien responsable des services de renseignement à Alger, NDLR.) avoua lui-même avoir ordonné à l’un de ses subordonnés de le tuer et de maquiller le crime en suicide », indique la présidence française.

« Repentance et excuses » exclues

Le président français a lui-même annoncé la reconnaissance de ce crime aux petits-enfants d’Ali Boumendjel en les recevant mardi. Premier président français né après la guerre d’Algérie (1954-1962), M. Macron s’est engagé à prendre des « actes symboliques » pour tenter de réconcilier les deux pays, mais il a exclu toute « repentance » et « excuses ». L’Elysée ajoute que « ce travail sera prolongé et approfondi au cours des prochains mois, afin que nous puissions avancer vers l’apaisement et la réconciliation », voulant « regarder l’Histoire en face, reconnaître la vérité des faits ».

La reconnaissance de ce crime par la France fait partie des préconisations du rapport Stora sur la colonisation et la guerre d’Algérie, afin de résoudre les tensions autour de la mémoire de ce conflit. Ce document, remis le 20 janvier, a soulevé de vives critiques, aussi bien en France qu’en Algérie.

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1 Commentaire

  • Posté par Gits Gisèle, mercredi 3 mars 2021, 20:13

    Il est bien dommage de ne pas présenter d'" excuses" ni de faire preuve de " repentance" . Combien nombreux sont ceux qui n'attendent rien d'autre que ce simple geste du gouvernement pour apaiser leur rancoeur face aux humiliations subies. La colonisation est une chose, la reconnaissance des exactions qu'elle a engendré en est une autre. Ne dit-on pas que " faute avouée est à moitié pardonnée "

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