Une nouvelle stratégie de vaccination en Belgique: ce qui risque de changer

Une nouvelle stratégie de vaccination en Belgique: ce qui risque de changer

Alors que la Belgique rame pour atteindre son rythme de croisière, on s’approche tout doucement de la phase 1B de la campagne de vaccination, celle prévue pour les plus de 65 ans, les 18-65 ans avec comorbidités et les secteurs dits essentiels. quant à la phase 1A (pour le personnel de santé de première ligne), on est toujours à la traîne.

Les ministres de la Santé du pays sont réunis depuis 16 heures afin notamment décider lors d’une conférence interministérielle de la future stratégie à adapter pour remédier à tous les couacs rencontrés jusqu’à présent.

Les recommandations du Conseil Supérieur de la Santé

Le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke avait demandé au Conseil Supérieur de la Santé (CSS) de se pencher sur trois questions supplémentaires en lien avec la stratégie de vaccination en Belgique. La première était relative à l’administration du vaccin AstraZeneca aux plus de 55 ans, la deuxième concernait le délai entre deux doses du vaccin Pfizer et la troisième portait sur la possibilité d’une dose unique du vaccin au lieu de deux.

Le Conseil Supérieur de la Santé estime que le vaccin AstraZeneca peut être utilisé chez les personnes de plus de 18 ans sans limite d’âge supérieur. Par ailleurs, si un allongement du délai entre deux doses Pfizer/BioNTech s’avérait strictement nécessaire, le CSS recommande 35 jours et non 42.

Enfin, « aucune donnée scientifique ne soutient comme suffisamment efficace l’administration d’une dose unique » de l’un des trois vaccins contre le Covid-19 disponibles en Belgique, soit ceux de Pfizer/BioNTech, Moderna et AstraZeneca. « Le Conseil supérieur de la santé ne souhaite donc pas se positionner sur ce point à ce jour. »

La stratégie à revoir

« Il faut faire les choses de manière plus rapide et plus efficace, c’est clairement possible. Il faut basculer à une vaccination 7 jours sur 7, faire des séances de rattrapages, pour vacciner dès maintenant les personnes âgées de plus de 65 ans hors des maisons de repos », a expliqué Catherine Fonck (CDH), interviewée sur La Première ce matin.

Elle propose de revoir la stratégie d’invitations de la campagne de vaccination et de baser celles-ci sur inscription volontaire, et sur l’âge uniquement en termes de priorité.

« On ne peut pas rester dans un modèle basé uniquement sur les centres de vaccination, le médecin généraliste peut faciliter les choses, il y a un lien de confiance entre le médecin de famille et le patient, et aussi l’hôpital pour ceux qui sont suivis régulièrement. »

Elle rappelle que le testing massif doit aussi être mobilisé pour permettre de « sauver des vies et retrouver nos libertés ».

Quant au ministre bruxellois de la Santé Alain Maron (Ecolo), il a envoyé un courrier à ses collègues ministres de la Santé dans lequel il propose de cibler les invitations sur base de l’âge uniquement et d’abandonner le système de priorités pour les moins de 65 ans avec comorbidités, rapporte L’Echo.

Il justifie la démarche par les difficultés légales que va poser la sélection des patients à risque jugeant que le processus va violer le secret médical. Mais le ministre a sans doute également été conforté dans sa position par les nombreux couacs rencontrés jusqu’ici par le système d’invitations.

« Le Conseil supérieur de la santé dit que l’âge est le ’driver’ le plus important de formes graves et de mortalité liées au coronavirus », justifie Alain Maron dans sa missive.

 
 
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