Journée internationale des droits des femmes - L'écart salarial entre les femmes et les hommes se réduit lentement

D'après l'institut, qui produit un rapport exhaustif sur l'écart salarial entre les hommes et les femmes tous les quatre ans, la différence de salaire se réduit lentement. En 2017, une femme gagnait 9,4% de moins qu'un homme, et sans correction pour la durée du travail 23,4% de moins.

La principale explication réside dans le fait que les femmes sont surreprésentées dans la catégorie des emplois à temps partiels. Ainsi en 2018, 43,5% des femmes occupaient un emploi à temps partiel, contre 11% des hommes. Une activité qui n'est pas toujours liée à un choix personnel, rappelle l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes.

Le rapport met un autre élément en exergue: alors que l'écart salarial entre les hommes et les femmes diminue progressivement, il augmente entre les travailleurs à temps plein et à temps partiel. "Cette tendance signifie que l'écart salarial de genre va jouer un rôle moins important au fil des années en Belgique, ce qui constitue une évolution positive", souligne l'institut. "Mais à cela s'oppose un écart croissant entre, d'un côté, un marché du travail confortable, avec ses salaires élevés et ses avantages, et, de l'autre côté, les emplois à temps partiel moins intéressants et qui offrent également peu de perspectives. Or, dans ce marché du travail à deux vitesses, les femmes sont fortement représentées dans la deuxième catégorie d'emplois."

Bien souvent, il s'agit d'emplois précaires dans la distribution ou le nettoyage, avec des horaires qui ne permettent pas la combinaison avec un autre emploi.

"Les salaires moyens des ouvrières sont tout simplement trop bas", avance le directeur de l'IEFH, Michel Pasteel. Dans le secteur privé, une ouvrière moyenne ne gagne que 15.500 euros bruts par an, une somme insuffisante pour lui permettre de gagner son indépendance financière. "Et nous parlons ici des salaires tels qu'ils étaient avant la crise liée au Covid-19", précise-t-il.

A ce stade, il est encore difficile de prévoir l'effet qu'aura la pandémie de Covid-19 sur l'écart salarial. "Le fait que de nombreuses femmes et de nombreux hommes aient perdu leur emploi en 2020, ou aient été au chômage temporaire pendant de plus longues périodes, peut avoir un impact tant positif que négatif sur le chiffre de l'écart salarial", précise l'institut.

 
 
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