L’appel à la paix du pape en visite en Irak

Le pape a célébré une messe dans une cathédrale qui a été la cible d’une prise d’otages sanglante en 2010.
Le pape a célébré une messe dans une cathédrale qui a été la cible d’une prise d’otages sanglante en 2010. - Vatican Media/Photonews.

La visite est historique et dangereuse. Le pape François s’est rendu vendredi en Irak, pour une première visite papale dans ce pays qui est le berceau d’Abraham. Le souverain pontife a tenu à saluer les chrétiens « restés » malgré tout dans le pays ravagé par les guerres et désormais par la pandémie. En 20 ans, cette communauté est passée de 1,5 million à moins de 400.000 membres.

« Que se taisent les armes ! », a lancé le pape au début de sa visite sous haute protection et qui durera jusqu’à lundi. Il a rappelé le calvaire des Yazidis, la communauté martyrisée par Daesh (le groupe Etat islamique) puis la prise d’otages sanglante de 2010, qui a été le théâtre de la mort de 53 chrétiens à Bagdad. Il a évoqué « nos frères et sœurs morts (…) dont la cause de béatification est en cours » car ils « ont payé le prix extrême de leur fidélité au Seigneur et à son Eglise ». Dans la cathédrale Notre-Dame du Secours perpétuel, le pape a donc fait sa première apparition en 15 mois au milieu des fidèles. L’épidémie l’a privé des bains de foule.

Le pape François a appelé à ce que « personne ne soit considéré comme citoyen de deuxième classe », surtout pas les chrétiens, ni les Yazidis, victimes selon le pape de « barbaries insensées et inhumaines ».Il a encore rappelé « la présence très ancienne des chrétiens sur cette terre » où est né selon la tradition Abraham, plaidant pour « leur participation à la vie publique » comme « citoyens jouissant pleinement de droits, de liberté et de responsabilité ». « Assez de violences, d’extrémismes, d’intolérances », a dit le pape. Assez aussi, de la « corruption », raison pour laquelle des centaines de milliers d’Irakiens ont manifesté pendant des mois fin 2019. A l’époque déjà, le pape avait exhorté l’Irak à cesser de réprimer ses jeunes en demande de justice.

Lors de sa visite de trois jours, il tendra également la main aux musulmans en rencontrant notamment le grand ayatollah Ali al-Sistani, plus haute autorité pour de nombreux chiites d’Irak et du monde.

 
 
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