Pierre Wunsch (gouverneur de la BNB): «On tient le coup du point de vue macroéconomique»

Pierre Wunsch (gouverneur de la BNB): «On tient le coup du point de vue macroéconomique»
Pierre-Yves Thienpont.

Alors que la réouverture du secteur Horeca n’est prévue qu’au mois de mai prochain, Pierre Wunsch souligne « l’asymétrie » des conséquences de la pandémie. Depuis des mois, « ce sont les secteurs sous lockdown qui portent seuls le poids de la crise. Pour eux, ça devient très long et probablement très dur. »

Parce qu’au-delà des secteurs directement touchés, l’économie belge ne va pas si mal. « Du point de vue macroéconomique, on tient le coup. Près des 3/4 de la population ont été très peu touchés économiquement. Tous ceux qui ont conservé leurs revenus ont été forcés d’épargner. Parce qu’ils ne pouvaient pas aller au restaurant ou partir en vacances. Au-delà de ça, il y a aussi les investissements publics comme le plan européen. On voit aussi que l’industrie reprend de manière assez dynamique. Si les exportations vers l’Allemagne reprennent, les investissements privés devraient suivre. Tout cela fait qu’on devrait normalement avoir une situation macroéconomique assez favorable. »

Il ajoute : « On estime qu’on est à 95 % du niveau d’activités d’avant crise. On peut probablement rester encore deux mois à ce niveau-là. Si ça devait durer plus longtemps, on commencerait à avoir des effets macroéconomiques potentiellement dommageables. Mais je suis assez optimiste quant à la capacité de relance de l’économie. »

Une vague de faillites

Ces derniers mois, les aides et mesures exceptionnelles accordées aux entreprises ont permis de figer la situation. Malgré son optimisme, Pierre Wunsch prévoit donc prochainement « une vague de faillites ». Il explique : « Pour l’instant, grâce à toutes les mesures qui ont été prises (moratoire, primes, liquidités etc.), on a moins de faillites et presque pas d’augmentation du chômage. Or, cette crise a fait des dégâts. Il y a une partie de l’impact de cette crise qui, aujourd’hui, n’est pas visible. On espère tous que ces dégâts seront les plus limités possibles. »

Soutenir les secteurs en difficulté

Dans ce contexte, les entreprises touchées vont-elles pouvoir tenir le coup ? Selon Pierre Wunsch, la solution passe par un soutien ciblé aux secteurs concernés comme l’Horeca ou le milieu culturel. Il explique : « Tant que l’aide est ciblée et temporaire, il ne faut pas trop hésiter à dépenser. Aujourd’hui, ça me paraît tout à fait justifiable de les aider. Il faut bien calibrer les aides et voir comment intervenir. »

Selon le gouverneur de la Banque nationale de Belgique, il faudra analyser comment évolue la situation. Il explique : « Si on observe des niveaux raisonnables de faillites et de chômage, ça fera malheureusement partie des ajustements qui doivent être faits. Mais si ça prend une ampleur trop importante et que des chaînes entières – comme l’Horeca – sont mises en danger, alors il faudrait envisager des aides au-delà de la période de lockdown. »

 
 
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