Accueil Médias

Vie privée: un projet sans contrôle de l’Etat pour «profiler» les Belges

En roue libre, sans aucun mandat ni contrôle politique, l’ASBL informatique de l’Etat, pilotée par Frank Robben, a finalisé un outil permettant d’avoir une « vision globale sur les citoyens et les entreprises ». Comment ? En croisant toutes les données (santé, sociales, fiscales, justice…). Son nom : « Putting Data at the Center ». « Une horreur », affirment nos sources.

Article réservé aux abonnés
Responsable du pôle Multimédias Temps de lecture: 8 min

Au départ, c’est une idée toute bête. De celles que l’on jette à la volée à la machine à café. Sans réellement en mesurer l’énormité. Persuadés, tel Mark Twain, que parce que c’est impossible, ils pourront le faire. A la Smals, l’ASBL qui assure la quasi-totalité des prestations informatiques de l’Etat, en tout cas, on y croit. Ils ont les ressources, les compétences, des bases de données (celles de la sécurité sociale et de la santé). Et si elle ne les gère pas directement, pas grave : on en discute au sein du GCloud, l’organe de pouvoir de la Smals où se retrouvent tous les directeurs informatiques des services publics fédéraux (SPF Finances, Economie…). A sa tête, l’incontournable et omnipotent Frank Robben, patron de la Smals qui occupe tous les étages de l’écosystème de traitement de données de l’Etat, de l’écriture des lois à leur mise en œuvre, en passant par le contrôle.

Cet article est réservé aux abonnés

Découvrez la suite, 1€ pour 1 mois (sans engagement)

J'en profite

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

90 Commentaires

  • Posté par Tourneur Adrien, mardi 16 mars 2021, 11:43

    J'ai été dégouté en lisant cet article, ainsi que les autres sur ce site parlant des projets pour notre vie privée de la Smals et de certains acteurs de l'état belge (par exemple "Grand format – Le casse du siècle sur la vie privée des Belges", "Comment l’Etat prend des libertés avec votre vie privée", "Le CSI, le club échangiste des gestionnaires de données"). L'existence même de la Smals tel qu'elle fonctionne actuellement ne devrait pas être envisageable dans une démocratie. Ensembles, ces articles semblent présager d'un futur dystopique qui fait penser aux scénarios de la série Black Mirror. La collecte de données à des fins commerciales faite par la plupart des entreprises technologiques est acceptable dans la mesure où nous pouvons choisir de l'éviter (en n'utilisant pas leurs produits tout simplement). Mais ces articles indiquent que bientôt, vouloir éviter cette collecte de nos données personnelles reviendra à refuser de se faire soigner ? Les gens soucieux du respect de leur vie privée n'auront plus la possibilité de vivre dans ce pays ? C'est dans cette optique que je trouve choquant que ces articles qui nous concernent tous soient complètement relégués au second plan pour faire place à des informations de premier plan dont on peut parfois questionner la pertinence. Je comprends les raisons qui poussent le journal Le Soir à rendre l'accès à ses articles payants, mais est-ce que certaines informations ne méritent pas d'être connues de tous ? N'y a-t-il vraiment aucune raison qui justifie de faire des exceptions ?

  • Posté par Urbanski Anna-Maria, mardi 16 mars 2021, 9:24

    Dans le 50ies, des employés communistes d'un ministère des pensions on livré les dossiers d'un tas de polonais et d'ukrainiens aux russes. Ces ressortissants ont été assassinés sur le sol belge jusqu'en 1978. Voulons nous encourir un tel risque en laissant toutes nos données à portée de main de personnes mercantiles ou politisées.

  • Posté par Boulanger Mariette, mercredi 10 mars 2021, 20:31

    pourquoi ? vous aviez pensé ne pas être suivi ? n'importe quoi ! vous allez faire vos courses, vous avez un ticket de caisse, oui, ben, on sait ce que vous avez acheté, à quelle fréquence, dans quel magasin, à quelle heure, quel jour ... franchement, moi, cela ne me dérange pas ! je n'ai rien à cacher. Suivez-moi virtuellement et ainsi le jour où je dois fournir une preuve que ... je n'étais pas là ... on pourra me tracer sans problème. Vous voulez savoir combien je touche, vous allez avoir honte ... comment peut-on vivre avec ça ? vous voulez connaitre mon bilan de santé, tant pis pour vous ...

  • Posté par Demonte JPCG, mercredi 10 mars 2021, 20:24

    J'ai entendu braire un veau dans une étable mais je ne sais pas laquelle. Il est cependant plus de toujours frapper le même clou.  Voir la concurrence, pour une information plus complète et plus juste.   

  • Posté par Laine Benoît, mercredi 10 mars 2021, 18:37

    Et quand je pense qu'on doit faire des pieds et des mains en tant qu'institution scientifique pour croiser temporairement deux source de données anonymisées à des fins d'étude...

Plus de commentaires

Aussi en Médias

La télévision en mode «retour vers le futur»

Après les retrouvailles de « Friends », HBO annonce les retrouvailles des héros de Harry Potter. Le passé refait de plus en plus surface en télévision. Le signe d’un besoin de réconfort, qui ne bride pourtant pas la capacité d’innover des chaînes.

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

références Voir les articles de références références Tous les jobs