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La vaccination des personnes avec comorbidités débutera le 3 avril

La Conférence interministérielle santé a décidé d’allonger le délai entre les deux doses du vaccin Pfizer de 21 à 35 jours et a lancé les préparatifs pour la phase de vaccination des personnes à risque.

Journaliste au service Economie Temps de lecture: 5 min

La conférence interministérielle santé a décidé ce mercredi de porter l’intervalle entre deux doses du vaccin Pfizer de 21 à 35 jours, ce qui permettra de diminuer la taille des stocks tampons et d’accélérer à court terme la vaccination. Le Conseil supérieur de la santé (CSS) avait déjà rendu un avis positif sur cet allongement début mars mais les ministres de la Santé avaient préféré prendre une semaine de réflexion avant de s’engager dans cette voie. Ils voulaient une analyse juridique portant sur les conséquences de cette décision en termes de responsabilité pour l’État car cela revient à ne plus respecter la notice d’utilisation du fabricant. Les autorités ont reçu leurs apaisements. Elles ont obtenu un avis positif de l’Agence européenne des médicaments ainsi que du Risk assessment group (RAG). Ce dernier a estimé que la situation épidémiologique était suffisamment dégradée pour justifier pareille dérogation.

Le cabinet du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, précise que, pour ceux qui ont déjà reçu une première dose du vaccin Pfizer et ont un rendez-vous fixé pour l’injection de la seconde dose, rien ne change. Le délai de 21 jours reste d’application. Ce n’est que pour les nouveaux vaccinés que l’intervalle passera à 35 jours.

La conférence interministérielle s’est aussi penchée une nouvelle fois sur le très délicat dossier des patients avec comorbidités. Un accord est intervenu entre les différentes entités du pays pour commencer les préparatifs visant à vacciner les personnes de 18-64 ans qui rentrent dans les critères définis par le CSS et ce en vue d’un lancement le 3 avril dans tout le pays ; 1,5 million de personnes dites à risque sont concernées. Le principal obstacle à l’avancement de ce dossier était juridique. La première version de l’accord de coopération devant encadrer l’échange des données de vaccination avait été descendue en flèche par le Conseil d’Etat et par l’Autorité de protection des données, qui y voyait un chèque blanc pour l’Etat. Une nouvelle version qui répondrait en grande partie à ces critiques a été adoptée en Codeco la semaine dernière et approuvée par les divers gouvernements. La voie est donc maintenant libre.

Pourquoi dès lors attendre le 3 avril ? Parce qu’il faut que les différents parlements du pays ratifient l’accord et que cela demande du temps. Le Parlement bruxellois se prononcera le 2 avril. Le Parlement wallon fin mars. Celui de la Communauté germanophone, le 29 mars. La Flandre, le 19… Sans cette garantie juridique d’une ratification en bonne et due forme, les mutuelles refusent en effet d’envoyer les données dont elles disposent. Ce sont elles qui doivent identifier les personnes avec comorbidités sur base des données de remboursement dont elles disposent (prescriptions de médicaments, de traitements…). Elles veulent être « couvertes » vu le caractère sensible de ces données. « Les listes de patients sont faites, explique Pierre Cools, secrétaire général adjoint de Solidaris. Il ne reste plus qu’à les envoyer dans la base de données comorbidités. Nous attendons les ratifications ».

Ces listes ne seront pas complètes puisque, pour certains facteurs de risque, les personnes ne vont pas à l’hôpital et ne prennent pas de médicaments particuliers (exemple : l’obésité). Il sera demandé aux médecins généralistes de compléter celles-ci s’ils constatent, suite à une consultation de la base de données, que certains de leurs patients ne s’y retrouvent pas. Ils pourront injecter des listes de patients via leur logiciel médical.

Même si les données transférées ne concernent que le numéro d’identification national et que le nom de la pathologie n’est jamais transmis, les médecins – principalement du côté francophone – restent très remontés contre ce système, jugé contraire au secret médical. Le syndical médical Absym continue à y voir « un dangereux précédent » puisqu’il n’est pas basé sur le consentement du patient. « La moindre des choses aurait été de prévoir une fonctionnalité permettant à un patient de s’opposer à figurer dans cette base de données », réagit Philippe Devos, président de l’Absym. Comment convaincre les gens d’adopter le Dossier médical global si on maltraite à ce point leurs données ? » Il indique néanmoins qu’aucun appel à ne pas collaborer ne sera lancé aux médecins.

Au cabinet du ministre de la Santé, on répond à ces critiques par un avis du Conseil d’Etat qui estime que « s’agissant d’un traitement répondant à un impératif de santé publique, le règlement européen (RGPD) autorise que celui-ci soit effectué sans le consentement de la personne concernée ».

Si les obstacles juridiques ont été levés pour la vaccination des patients à risque, restent les problèmes techniques. Le système informatique d’envoi des invitations Doclr – dont les maladies de jeunesse ont émaillé l’actualité ces derniers jours – va-t-il pouvoir faire face à la complexité accrue de cette phase ? Certains responsables en doutent fort…

En réalité, la vaccination des personnes à risque de moins de 65 ans a déjà commencé en dehors de ce système informatique. Les ministres de la Santé se sont mis d’accord pour que les personnes présentant de gros facteurs de risque et devant se rendre régulièrement à l’hôpital pour suivre leur traitement (cancer, personnes transplantées...) puissent être vaccinées sur place par des médecins hospitaliers. Pour deux catégories, la vaccination à l’hôpital est même obligatoire  : les personnes en hémodialyse chronique et celles présentant un risque de choc anaphylactique. En Wallonie, les généralistes peuvent aussi transmettre à leurs collègues en charge de la supervision des centres de vaccination des listes de patients à risque afin que ceux-ci puissent être appelés au cas où il faut remplir des plages horaires restées libres.

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20 Commentaires

  • Posté par Dewaele Danielle, mercredi 10 mars 2021, 18:07

    On annonce déjà de futures vaccinations mais où sont les invitations des 65ans et +. Est-ce normal de ne pas encore avoir reçu les invitations ? Où sont-elles ? Parties ? Perdues dans un couloir ? Ou oubliés? Misère que c'est compliqué... G. PETRE Lasne

  • Posté par Chalet Alain, mercredi 10 mars 2021, 17:06

    35 jours d'intervalle entre les 2 doses Pfizer, c'est limite. Et avec une organisation qui cafouille, cette limite sera sans doute souvent dépassée et nous aurons donc de la vaccination bâclée et moins efficace. Encore un bricolage de petits amateurs.

  • Posté par massacry olivier, mercredi 10 mars 2021, 23:13

    Et qui revoila, notre ami le croisé Pe(e)ters, toujours avec ses petits liens de désinformations. Notons que pour son grand retour, ça presque une semaine qu'il s'était absenté, malade? à court d'inspiration? , il n'est pas vraiment fracassant, la video est plus que de mauvaise qualité, là on tombe dans le sous-amateurisme, detail amusant elle est signé docteur yoga denis,( si si) qui analyse gentiment et avec beaucoup de légèreté professionnelles un rapport de l'Ansm concernant les effets de la vaccination. Les thèmes et manipulations sont toujours les mêmes: les vaccins sont dangereux car provoquent des effets indésirables ( styles grippes, oulala) et même des décès (217en France),le covid n'est pas responsable d'une quelconque surmortalité (sic), il ne tue que les vieux ( attention cela veut dire les plus de 65 ans) et les malades. Quelques exemple de malhonnête: minute 5.30, le yogi rajoute une petite phrase au rapport: les vaccinés sont majoritairement des "jeunes" or le covid est léthal pour les "vieux", ce que le yogi ne veut pas comprend pas c'est qu'en France comme en Belgique la vaccination a débuté par le personnel soignant ( et il se dit médecin) ...fait qu'il reconnait pourtant 3 minutes plus tard lorsqu'il s'agit de la répartition selon le sexes des vaccinés.... Autre perle, la courbe des effets indésirable dans le temps serait exponentielle, or le graphique montre une courbe linéaire ( 4'33). Autre cas : 7'10, là le yogi analyse un tableau de la mortalité du covid selon l'âge et les comorbidité, mais ce qu'il ne dit pas (et qui est pourtant bien lisible) sont les faits suivant: 35¨% n'ont aucune comorbidités, les facteurs de comorbidités sont surtout léthales pour les moins de 65 ans...Mais la véritable perle est au environ de 8'50, analysant un tableau des effets indésirables survenu après la vaccination et particulièrement le nombre indiqué de 217 décès. Là le yogi devient contorsionniste des chiffres, non seulement il oublie que non le vaccin n'est pas une élixire d'immortalité, mais surtout il n'en fait pas le pourcentage rapporté aux nombres de vaccination, dommage car alors il obtiendrait 0.005% , bref une misère qui aurait du mal à effrayer même les plus septiques ... Désopilant d'autant plus que toutes ces contre-vérités sont contredites dans les tableaux utilisés, du vrai sous-amateurisme !!!!

  • Posté par Raspe Eric, mercredi 10 mars 2021, 19:28

    peeters toujours la même daube. Immunisation naturelle par infection avec le virus 3% de décès. Que sont quelques céphalées dues au vaccin et traitables par un peu de paracétamol par rapport au bilan désastreux du virus. En fait peeters veut alourdir encore et encore le bilan de la pandémie. A enfermer.

  • Posté par RC Peeters, mercredi 10 mars 2021, 18:30

    Depuis le début de la vaccination avec le vaccin AstraZeneca en France, 1 994 cas d’effets indésirables ont été analysés par les CRPV rapporteurs (Amiens et Rouen). La grande majorité de ces cas concerne des syndromes pseudo-grippaux, souvent de forte intensité (fièvre élevée, courbatures, céphalées). L’analyse montre également plusieurs déclarations d’exacerbations de dyspnée et d’asthme qui seront surveillées attentivement. https://www.youtube.com/watch?v=X5GBQh4XXwY et de L'ANSM : https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Point-de-situation-sur-la-surveillance-des-vaccins-contre-la-COVID-1910 je ne trouve pas le site pour la Belgique.

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