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Bruxelles: discussions en vue sur les réformes institutionnelles

Ahmed Laaouej, président de la Fédération bruxelloise du PS, va convier ses homologues des autres partis pour une discussion. Rachid Madrane propose, lui, d’initier une réflexion au sein du Parlement, une initiative qui ne fait pas l’unanimité.

Cheffe Bruxelles Temps de lecture: 4 min

Au niveau bruxellois, il va y avoir des rencontres entre partis politiques pour discuter de toutes les réformes institutionnelles », annonçait, dans son entretien au Soir, David Leisterh, président du MR bruxellois. Selon nos informations, Ahmed Laaouej, président de la Fédération bruxelloise du PS (premier parti à Bruxelles) réunira en effet, prochainement, ses homologues des autres formations.

De son côté, Rachid Madrane (PS), avec sa casquette de président du Parlement bruxellois, souhaite, lui aussi, initier un débat sur toutes ces questions. Selon nos informations, le président (PS) du Parlement bruxellois a en effet proposé ce midi au bureau élargi d’organiser des Etats généraux institutionnels. Une idée que lui avait soufflée, voici quelques jours… Paul Magnette, dans une interview. Concrètement, un courrier en ce sens devrait être adressé, cette semaine, aux chefs de groupe, pour qu’ils marquent (ou pas) leur accord. Objectif premier : définir, collectivement, les contours et l’organisation pratique de ces travaux.

Sauf qu’en réunion du bureau élargi, l’idée est loin d’avoir fait l’unanimité, en ce compris au sein de la majorité, tant chez Ecolo que chez Défi. Dans les couloirs, on s’interroge sur une initiative « vague, prématurée, destinée à décevoir ». Même tonalité au sein… du PS. Ridouane Chahid, chef de groupe, va même plus loin. « Le Parlement bruxellois devrait se concentrer sur les chantiers qu’il vient de lancer comme les commissions délibératives et les assises sur le racisme. Il en va de la crédibilité de l’institution et de la confiance que l’on veut restaurer avec les Bruxellois(es). Réussir ce pari c’est en soi déjà une réforme. » Autrement dit, les Etats généraux institutionnels ne sont pas encore lancés !

Des réformes à tous les niveaux

Concrètement, si ces débats surgissent, c’est parce que Bruxelles se trouve au cœur des différentes réformes institutionnelles inscrites dans les accords de majorité ou les programmes politiques. D’abord, la septième réforme de l’Etat, promise par la Vivaldi, qui doit notamment aboutir à une nouvelle organisation des soins de santé (et, ajoute-t-on en coulisses où cela discute déjà, de la Justice) mais, plus globalement, esquisser un fédéralisme plus efficace. Ensuite, le PS a relancé l’idée d’une Belgique à quatre, qui renforcerait les Régions et supprimerait la Fédération Wallonie-Bruxelles ou à tout le moins « l’allégerait » ; le paysage francophone est en réflexion dans toutes les formations politiques. Enfin, dans la capitale, un consensus se dégage pour tenter de simplifier un modèle, paralysé par la complexité. Il est d’abord question de la pertinence des Commissions communautaires (Cocom, Cocof et VGC). En particulier la crise du covid, et les travaux de la commission spéciale du Parlement bruxellois, a souligné la nécessité de revoir certains aspects du système.

Mais, très vite, on arrivera à la relation entre les communes et la Région, puis au nombre d’élus, voire, ajoutent certains, aux listes bilingues, à la représentation minimale garantie pour les néerlandophones… Bref, ce ne sont pas les sujets qui manquent pour les députés bruxellois, si, comme le plaidait David Leisterh ce matin dans nos colonnes, ils souhaitent débattre collectivement de leur avenir.

Parole aux experts ?

Dans sa proposition, Rachid Madrane imaginait d’ouvrir les travées du Parlement à des experts. Certains ne manquent pas d’idées pour simplifier le modèle bruxellois. Le constitutionnaliste Hugues Dumont plaide pour la régionalisation des matières personnalisables, d’autres académiques tiennent leur expertise prête pour tout débat. Objectif : des discussions ouvertes, transparentes, publiques, étalées sur un ou deux ans.

Un exercice pratiqué, en 1999, par le Parlement flamand, dont les résolutions ont forgé la stratégie flamande depuis… Ici, il n’est/était pas question de dégager une position commune, mais à tout le moins d’identifier les problèmes, les besoins, les attentes (et, pourquoi pas, de baliser des solutions).

A noter que l’accord de majorité régional prévoit par ailleurs l’organisation d’Etats généraux sur la gouvernance, au sein desquels il doit être débattu du décumul, de la réduction du nombre de mandataires locaux (en particulier les échevins), etc. Un exercice qui, lui, doit être lancé avant la fin de cette année par Bernard Clerfayt, ministre (Défi) des Pouvoirs locaux.

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1 Commentaire

  • Posté par Albin S. Carré, mercredi 10 mars 2021, 17:20

    Simplifier le mode d'administration de cette région croupion risque de voir de très nombreux postes inutiles disparaitre. cela ne devrait pas trop plaire à de nombreux politiciens parasites. Pas de panique, un "brol" sera créé pour les caser!

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