Le développement durable au cœur des PME

Leader de la confection de vêtements professionnels pour le monde médical, l’entreprise Dutra est pleinement engagée dans son écotransition. Mireille Rousseaux-Nélis, CEO de la PME de Wavre, plaide - par l’exemple - pour un nouveau paradigme économique plus durable et circulaire.

Responsabilité, impact sociétal, empreinte écologique, autant de facettes du concept de durabilité. Face aux enjeux environnementaux, les entreprises sont plus que jamais appelées à opérer la transition vers une économie plus   « soutenable » . Autrement dit, continuer de répondre aux besoins actuels sans compromettre l’avenir des prochaines générations. Une mission que Mireille Rousseaux-Nélis prend à bras-le-corps…

Maintenant ou... maintenant !

« Mieux vaut prendre le changement par la main, avant qu’il ne nous prenne par la gorge ». La formule de Winston Churchill résume l’enjeu de la durabilité pour les entreprises. Les défis environnementaux bouleversent l’échiquier, mais génèrent aussi des opportunités dont les PME doivent se saisir pour rester compétitives. « Un véritable mur se dresse devant nous, car le modèle néo-libéral est dépassé », lance d’emblée Mireille Rousseaux-Nélis, aux commandes de l’entreprise familiale fondée par sa maman en 1955. « Nous n’avons plus le choix : il faut agir maintenant ! Les entrepreneurs doivent prendre conscience des enjeux, s’animer de valeurs différentes, faire preuve d’agilité et donner un sens nouveau à leurs projets. »

Des principes bien ancrés

Même si la crise sanitaire a conforté la vision de Mireille Rousseaux-Nélis, l’engagement de Dutra, qui occupe 25 personnes, ne date pas d’hier. « Pour satisfaire les attentes du personnel de terrain, nos vêtements doivent répondre à des critères stricts de qualité. À la fois, être confortables et durer dans le temps, c’est-à-dire résister à des lavages répétés à haute température. La durabilité n’est donc pas un concept abstrait, c’est l’essence du métier », poursuit-elle, faisant preuve d’un esprit critique aiguisé, héritage de sa formation en journalisme. « Avec mon mari, qui en plus est historien, nous nous questionnons sans cesse pour améliorer nos process et développer l’activité en tenant compte de l’environnement et de l’épuisement des ressources. Cela fait partie de notre ADN ! » Chez Dutra, tant l’économie circulaire que la réutilisation de matériaux recyclés, comme le plastique des bouteilles PET, sont au cœur de la réflexion et de l’innovation. « Mais nous restons attentifs au greenwashing, car on constate, par exemple, que le polyester recyclé vient parfois de bouteilles qui n’ont jamais contenu… une seule goutte d’eau. Une dérive inacceptable ! »

Petits pas dans la bonne direction

Empreinte énergétique, écologie, relocalisation, intelligence collective, autant de dimensions qui exigent une véritable vision à 360 degrés. « C’est un puzzle, et toutes les pièces comptent », avance Mireille Rousseaux-Nélis. « Voilà pourquoi nous menons des efforts à tous les niveaux : du traitement des déchets au choix des matières premières, en passant par la sélection des fournisseurs et la dimension énergétique ». Ce n’est pas un hasard si Dutra fait en sorte que ses chutes de tissus et fins de rouleaux soient collectées et recyclées. Même engagement du côté des partenaires, de préférence locaux.
« Pour notre nouveau showroom, nous avons fait appel à un monteur de stands de la région. C’est aussi le cas pour le transporteur. » Autre cheval de bataille : l’électricité verte. « Il y a huit ans, au moment de déménager à Wavre, nous avons conditionné le choix du bâtiment à la possibilité d’installer des panneaux photovoltaïques. Aujourd’hui, cela couvre une grande partie de nos besoins énergétiques. »

Créer du lien

Du côté « humain », la pépite wallonne n’est pas en reste, puisqu’elle accorde une place centrale au bien-être de son personnel. Convaincue que les petits ruisseaux font les grandes rivières, Mireille s’investit également dans de multiples réseaux. « En arrivant dans le Brabant wallon, je ne connaissais personne, alors je me suis bougée pour rencontrer d’autres entrepreneurs. Un réseautage essentiel », explique-t-elle. Une dynamique d’ouverture et de collaboration qui fait partie des gênes de Dutra. « En frappant à la porte de la Sowalfin, nous avons aussi découvert une panoplie d’aides publiques et compris que la digitalisation était à notre portée. Cela a mené à l’acquisition d’une machine de découpe automatique », détaille la dirigeante, qui intègre aussi l’accélérateur de croissance, un projet pilote de la Sowalfin qui réunit des pépites wallonnes.

Activer la communauté

Poussée par ses valeurs, Dutra fait également partie des sociétés fondatrices de l’ASBL Circletex, dont l’objectif est de créer un système de collecte, de tri et de recyclage des vêtements professionnels. « Plutôt que de les brûler, on refile et on retisse les blouses médicales pour leur donner une seconde une vie. » Une initiative qui permet de générer des synergies à tous les échelons. « La transversalité est fondamentale », poursuit-elle, encore remontée par les ratés de la gestion des masques au cœur de la crise sanitaire. « Il faut absolument décloisonner le monde politique et industriel, afin que le savoir-faire belge soit reconnu à sa juste valeur. » Même si l’urgence du coronavirus a relégué les préoccupations environnementales au second plan, Mireille Rousseaux-Nélis n’en démord pas : le durable est la seule voie. « Notre génération a le devoir de se remettre en question et de trouver les moyens de faire “mieux”. Sans baisser les bras ! »

COVID-19 : Une « occasion » de se réinventer en « vert »

 

Au début de la crise sanitaire, Dutra arrête sa production pour s’orienter sur la fabrication de masques pour les hôpitaux. « Nous avons sorti nos patrons, vieux de 30 ans, pour répondre à l’urgence et équiper le personnel médical », explique Mireille Rousseaux-Nélis. Une agilité qui a permis à l’entreprise de traverser plus sereinement 2020 et de relocaliser une plus grande partie de son activité en Belgique. Mireille Rousseaux-Nélis plaide pour une filière circulaire des vêtements professionnels et multiplie les efforts et les collaborations dans ce sens. Quatre fédérations du textile (Creamoda, Fedustria, FBT et Febelsafe) se sont ainsi unies pour créer le label Belgian Quality Mask, afin de remettre les masques tissés sur le devant de la scène. « Pour avoir des résultats, il est primordial de travailler en cluster, de toucher l’ensemble des maillons de la chaîne », conclut-elle. Un pas supplémentaire vers le durable et le local…

www.dutra.be

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L’équipe de SOWALFIN Eco-transition propose à la fois de la sensibilisation aux enjeux environnementaux et aux opportunités économiques d’une stratégie bas-carbone. De l’accompagnement tout au long de la réflexion et du processus ainsi que des formules de financement adaptées.

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