Comment produirons-nous l’énergie renouvelable dans le futur ?

Comment produirons-nous l’énergie renouvelable dans le futur ?

Un avenir neutre en CO2 passe inévitablement par une production accrue d’énergie renouvelable. Des technologies intelligentes, inattendues et parfois complètement futuristes sont déjà à l’étude dans de nombreux laboratoires à travers le monde. Avec, pour certaines, des résultats déjà très encourageants et un déploiement dans les années à venir.

1. Des cellules solaires transparentes

Jusqu’ici, les panneaux photovoltaïques sont majoritairement installés sur les toits des habitations ou des entreprises. Parfois au sol ou sur des carports solaires. Et depuis quelques années, on en trouve aussi en façade. Mais imaginez s’ils devenaient transparents… Une plus grande surface des bâtiments pourrait en être couverte tout en laissant passer la lumière au travers !

Cette technologie prometteuse existe déjà. Seul bémol, son rendement. Actuellement, et selon les techniques utilisées, il s’élève 5% contre 20% pour les panneaux solaires traditionnelles. Une différence qui s’explique par le fait qu’une plus petite partie de la lumière qui frappe les cellules photovoltaïques est transformée en électricité.

Jan Mertens, Chief Science Officer chez ENGIE, pense que ce type de cellules photovoltaïques transparentes pourra aussi être utilisées sur nos voitures. « Des véhicules électriques entièrement recouverts de ces cellules solaires – y compris les vitres – pourraient alors se recharger tout en roulant. »

2. Les systèmes de kite power

On les appelle aussi éoliennes aéroportées. Et ressemblent un peu aux cerfs-volants de notre enfance. Elles peuvent s’élever jusqu’à 600 mètres d’altitude soit bien plus haut qu’une éolienne traditionnelle (150 m en moyenne). L’avantage : elles captent des vents plus forts et à différentes altitudes ce qui rend la production plus constante, plus stable. Une polyvalence « qui a le potentiel de générer de l’électricité à un coût et avec impact environnemental très bas », précise Jan Mertens. De plus, leur fabrication  nécessite 10  fois moins de matériaux qu’une éolienne classique.

Le kite power n’en est encore qu’à ses débuts. Pour l’instant, la plus grande éolienne aéroportée n’est capable de générer que 600 kW, mais elle nécessite  10 fois moins de matériel ! Reste donc à rendre le kite power plus performant sur le long terme.

3. Capter l’énergie solaire dans l’espace

Cinquante à 60 % de l'énergie du soleil ne pénètre pas dans notre atmosphère. Un panneau photovoltaïque dans l’espace fonctionnerait donc deux fois plus efficacement. La Grande-Bretagne a annoncé vouloir développer un système d’énergie solaire spatial en utilisant des satellites pourvus de panneaux solaires. L’énergie captée serait ensuite convertie en ondes radio à haute fréquence puis renvoyée à des récepteurs positionnés au sol et connectés au réseau électrique.

Développée à grande échelle, cette technologie permettrait de fournir de l’électricité renouvelable n'importe où sur la planète, de jour comme de nuit, par temps de pluie ou ensoleillé.

4. Explorer la piste de l’hydrogène naturel

Des bus 100% propres roulent déjà à l’hydrogène. En France, par exemple, ENGIE fournit de l’hydroélectricité à la ville de Pau pour produire l’hydrogène décarboné qui alimente ses Fébus urbain. Mais dans la majorité des cas, la production classique d’hydrogène nécessite beaucoup de gaz naturel et émet pas mal de CO2. Pour éviter cela, une solution émerge : recourir à l’hydrogène dit « natif », produit en abondance et en continu par la croûte terrestre ! Longtemps délaissé par les industriels, il suscite aujourd’hui un sérieux intérêt et pourrait ouvrir la voie vers une nouvelle source d’énergie renouvelable non polluante.

Quelques gisements seulement sont exploités pour l’instant, au Mali et au Kansas. D’autres existeraient en Islande, au Brésil, en Russie, dans les Pyrénées… L’hydrogène natif qui sort du puits malien est directement brûlé sur place dans une turbine à gaz afin d’alimenter tout un village en électricité. Des progrès restent toutefois à réaliser pour utiliser l’hydrogène natif à grande échelle. Sans un contexte de recherche de mix énergétique décarboné, les premiers succès ont relancé l’intérêt pour le sujet et différents projets de recherche et d’exploration ont vu le jour.

5. Profiter de l’énergie des mers et océans

Les mers et océans sont une énorme source d'énergie encore trop peu exploitée. Des chercheurs ont pourtant calculé que les seules vagues du littoral américain pourraient générer jusqu'à 252 milliards de kWh d'électricité ! Soit l’équivalent d’environ 500 millions de panneaux photovoltaïques ! Le défi est toutefois aujourd’hui de diminuer les coûts car l’installation et l’entretien en mer sont conséquents. Sans parler du fait que les matériaux doivent pouvoir résister à la corrosion.

Néanmoins, l'avantage de l'énergie marémotrice (issue des mouvements de l’eau créés par les marées) est qu'elle peut être générée de différentes manières : à la surface de l'eau, sous l'eau, près de la côte, en mer… L’énergie houlomotrice (contenue dans le mouvement de la houle), elle, est déjà en cours de conversion en électricité au Portugal et au Royaume-Uni, entre autres. Alors pourquoi pas chez nous ?

Pas besoin d’attendre l’arrivée de ces technologies pour bénéficier d’une énergie 100% verte et participer à un avenir plus neutre en carbone. C’est déjà possible ici ! Et si le sujet vous intéresse, retrouvez ici d’autres technologies émergentes et étonnantes pour produire de l’énergie renouvelable.