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Coronavirus: le gouvernement bruxellois débloque 111 millions supplémentaires pour aider les secteurs à l’arrêt

Les secteurs de l’Horeca, de l’événementiel, du tourisme, de la culture et du sport vont recevoir de nouvelles aides. Le montant des primes variera entre 6.250 et 125.000 euros, en fonction de la taille des entreprises et de la perte de chiffre d’affaires.

Journaliste au service Economie Temps de lecture: 6 min

Le gouvernement bruxellois a approuvé en première lecture un nouvel arrêté relatif aux primes dites « Tetra ». Ces primes sont destinées à aider les secteurs qui restent le plus touchés par l’actuelle crise sanitaire, à savoir les hébergements touristiques, les discothèques, les restaurants et cafés et de certains de leurs fournisseurs, l’événementiel, la culture, le tourisme et le sport. Au total, ces nouvelles primes représentent un budget de 111 millions d’euros.

« Les secteurs soutenus par la présente prime sont stratégiques dès lors qu’ils participent largement au rayonnement et à l’image de la Région de Bruxelles-Capitale en tant que capitale internationale », indique le gouvernement bruxellois dans un communiqué. « Pour ces secteurs, les activités n’ont pas encore pu reprendre ou sont encore fortement impactées par les mesures de lutte contre la propagation du virus et sont de facto quasi à l’arrêt ».

En concertation

Cette prime Tetra était déjà annoncée, mais après avoir mené une concertation avec les partenaires sociaux, le gouvernement a décidé d’étendre le mécanisme aux salles de sport, mais surtout en augmentant le montant des primes de 25 % par rapport aux montants précédemment arrêtés. Avant d’être définitivement adopté en deuxième lecture, le texte de l’arrêté sera encore soumis à ces mêmes partenaires sociaux – réunis au sein de Brupartners.

« Concrètement, ce dispositif d’aide prendra la forme d’une prime variable dont le montant sera fixé en fonction du nombre d’équivalent temps plein (ETP) de l’entreprise et de la baisse du chiffre d’affaires constatée entre le chiffre d’affaires du dernier trimestre de 2019 et celui du dernier trimestre de 2020 », explique encore le gouvernement bruxellois. « Les entreprises auront accès à la prime à partir d’une perte de chiffre d’affaires de 40 % entre ces deux périodes. Celles qui ont perdu plus de 60 % de chiffre d’affaires bénéficieront d’un montant majoré ».

Quelles primes les différents secteurs peuvent-ils attendre ? Pour le secteur des restaurants et cafés, leurs fournisseurs, le secteur de l’événementiel, de la culture, du tourisme et du sport, le montant variera entre 6.250 et 45.000 euros. Pour le secteur de l’hébergement touristique, ce sera entre 6.250 et 62.500 euros. Et pour les discothèques entre 75.000 et 125.000 euros.

« Un peu d’oxygène »

Le gouvernement régional précise encore que « ces primes seront disponibles par unité d’établissement, avec un maximum de 5 établissements par entreprise ». La gestion de ces primes sera mise en œuvre par Bruxelles Économie Emploi. Les modalités précises et les délais dans lesquelles ces aides seront mises à disposition, seront toutefois communiqués ultérieurement.

« Cette prime était très attendue par les acteurs de notre économie durement touchée par une crise sanitaire qui perdure », a indiqué Rudi Vervoort (PS), le ministre président bruxellois, cité dans le communiqué. « Nous continuons à les soutenir et nous visons maintenant l’opérationnalisation rapide afin de pouvoir apporter un peu d’oxygène aux entrepreneurs de notre Région qui en ont bien besoin ».

On le sait, ces dernières semaines, des voix se sont élevées, singulièrement en provenance du secteur Horeca, pour regretter les différences des niveaux d’aide entre les trois Régions, la Flandre se montrant la plus généreuse – avec des primes mensuelles se montant à 15 % du chiffre d’affaires perdu. A Bruxelles, on se défend en soulignant qu’on fait le maximum compte tenu de la situation budgétaire de la Région. « Cette nouvelle prime démontre que le gouvernement bruxellois est aux côtés des entreprises et des indépendants les plus touchés pour les aider à traverser la crise », insiste Barbara Trachte (Ecolo), secrétaire d’État à la Transition économique. « Au total, ce sont plus de 700 millions d’euros d’aides économiques qui ont été décidées depuis un an, soit un montant proportionnellement énorme au regard du budget de la Région bruxelloise (5,3 milliards d’euros, NDLR). Nous serons également présents pour accompagner les hommes et les femmes qui portent ces entreprises lors de la reprise de leurs activités ».

Satisfaits mais prudents

Du côté des cafés et restaurants, le plan bruxellois a été plutôt bien accueilli. « Nous avons beaucoup travaillé avec Mme Trachte », explique Fabian Hermans, administrateur de la fédération Horeca Bruxelles. « Nous sommes satisfaits du fait que la base de calcul portera seulement sur le quatrième trimestre de 2020, ce qui permettra d’aider plus de monde, y compris les indépendants en nom propre qui n’ont pas de personnel. Le budget est quand même passé de 74 à 111 millions d’euros. Mais on ne va pas ouvrir le champagne pour autant. Nous continuons à avoir besoin de soutien tant de l’Etat fédéral que des régions ».

Même satisfaction mêlée de beaucoup de prudence chez les hôteliers bruxellois qui, par la voix de la Brussels Hotels Association (BHA), « salue l’engagement du gouvernement bruxellois à soutenir le tourisme de la Région et les emplois qu’il représente ». « La BHA appelle à une mise en œuvre urgente de la nouvelle mesure de prime », ajoute la fédération hôtelière. « Même si cette prime n’est pas forcément à la hauteur pour notre secteur au regard de la durée de la crise et de ses coûts fixes, le fait que les hôtels soient repris dans le dispositif Tetra est un signal positif vis-à-vis du secteur hôtelier. La BHA entend poursuivre le travail avec le gouvernement bruxellois qui s’est montré ouvert à voir les mesures supplémentaires nécessaires ». Selon l’association, la baisse de chiffre d’affaires dans le secteur hôtelier bruxellois reste de 90 %. Elle en appelle donc aussi au gouvernement fédéral, notamment « pour la prise en charge à 100 % en 2021 des coûts cachés du chômage temporaire pour force majeure ».

Et en Wallonie ?

On notera enfin qu’un nouveau plan d’aides est également attendu du côté wallon. « Plusieurs volets d’aides et d’indemnités sont sur la table, dont la prolongation des aides existantes aux secteurs toujours impactés », a indiqué le ministre wallon de l’Economie, Willy Borsus (MR), jeudi matin sur l’antenne de Bel RTL. Pour des secteurs tels que l’Horeca ou l’événementiel, « on reste dans un schéma où les indemnités sont calculées en fonction du nombre d’employés », a précisé le ministre. « Pour les plus petites structures, le système wallon n’est pas désavantageux par rapport à la Flandre. Pour les plus grands établissements, la situation peut effectivement être différente », a assuré le ministre. A l’heure d’écrire ces lignes, le gouvernement wallon n’avait toutefois pas encore accouché d’un texte. Il n’est pas exclu que les discussions se prolongent dans la soirée.

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3 Commentaires

  • Posté par Gielis Marc, jeudi 11 mars 2021, 16:06

    Bonne nouvelle pour une partie de la cible, mais ni pour l'ensemble de l'hébergement ni pour la majorité du monde sportif : le critère de l'assujétissement à la TVA s'il est retenu dans le texte définitif exclura une partie des auberges de jeunesse, tous les centres sportifs (le code TVA les exclut de l’assujétissement) et la plupart des clubs sportifs non professionnels.

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