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De la Commune aux gilets jaunes: une certaine idée de la révolution

Il y a 150 ans, le peuple de Paris tentait une expérience inédite d’autogestion et de démocratie directe, qui sera écrasée dans le sang au bout de deux mois. Les échos de cet épisode controversé résonnent toujours aujourd’hui

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Chef du service Forum Temps de lecture: 4 min

Cent cinquante ans après son déclenchement, dans la nuit du 17 au 18 mars 1871, la Commune de Paris continue à diviser la France. Ainsi, au début de l’année, le conseil municipal a vécu une belle passe d’armes idéologique entre la majorité socialiste et les Républicains sur la portée et l’héritage des événements, et ipso facto, sur l’ampleur et le ton à donner aux commémorations. (1)

Pour brosser le tableau à gros traits, à gauche, on met en exergue toute une série de valeurs et de réformes jugées très actuelles portées par le mouvement : la démocratie directe, l’intégration des étrangers à la vie citoyenne, la création de crèches ou de cantines sociales ou la gratuité de l’enseignement, par exemple. À droite en revanche, on a plutôt tendance à présenter les Communards comme les ancêtres des gilets jaunes et à insister sur la chienlit, la violence « anti-bourgeoise » ou le non-respect du résultat des élections.

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3 Commentaires

  • Posté par Persenaire André, jeudi 18 mars 2021, 14:45

    "En une semaine, la Commune est écrasée dans le sang : 25.000 morts côté « fédérés »". Le nombre de communards tués fait l'objet d'estimations très variables. Dans l'article de la Wikipedia : "En 1876, le journaliste et polémiste socialiste Prosper-Olivier Lissagaray, ancien communard, [pas vraiment neutre] estime de 17 000 à 20 000 le nombre des fusillés. En 1880, le journaliste et homme politique Camille Pelletan, membre du Parti radical-socialiste [idem]situe le nombre des victimes à 30 000. En 2014, l'historien britannique Robert Tombs revoit le bilan à la baisse et évalue entre 5 700 et 7 400 le nombre des morts, dont environ 1 400 fusillés". De 30 000 à 5 700, la marge est large ! Comme le commente récemment Quentin Deluermoz (Université Paris 13/Nord) "En tâchant de proposer une nouvelle estimation du nombre de morts de la Semaine sanglante — 6.500 au lieu de 15.000-40.000 — R. Tombs répond à une exigence somme toute caractéristique du « métier d’historien » : établir des données fiables (ou moins fausses), par un croisement raisonné de sources, afin de remettre en cause une perception biaisée ou erronée du passé."

  • Posté par WILLEM JEAN PIERRE, mardi 16 mars 2021, 16:06

    D'une façon ou d'une autre l'Histoire repasse les plats !

  • Posté par Frippiat Yves-Marie, mardi 16 mars 2021, 10:45

    Sur un sujet souvent abordé de manière clivante, je trouve ce tour de la question très équilibré et, du coup, très intéressant. Mémoire exaltante ou repoussante? Comme souvent, un peu des deux... Mais matière à réflexion, sans aucun doute.

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