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Nuit debout, comme un mouvement «d’entre-soi»

Très médiatisé, le rassemblement Place de la République, à Paris, ne déborde pourtant pas de participants. Un échec relatif, alors que jamais le refus du « système » et du monde tel qu’il est n’a semblé aussi intense.

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L’idée était simple. Encore fallait-il en prendre l’initiative. Un petit groupe osa. Quoi ? Appeler, à l’issue d’une manifestation syndicale bien pépère, « tradi de chez tradi » au possible, contre la « Loi travail », à s’installer sur l’emblématique Place de la République. A s’y ancrer. A y passer la nuit. Et pas une seule nuit, mais autant de nuits que possible. Petit déclic, grandes conséquences. Le mouvement « Nuit debout » était né. Il s’incrusta. S’organisa. Quelques nuits passant, le coup d’audace était devenu événement. Mieux : phénomène médiatique. Il « se passait un truc » comme on dit. La presse de gauche, en pleine déprime, confrontée à la déliquescence de son propre camp, s’enflamma. Comme une lueur dans la nuit. Un léger parfum d’espérance. Une étincelle, qui sait ? Les vieux post-soixante-huitards se prenaient à rêver. Il y avait le fardeau Hollande, ce léger souffle d’effervescence nocturne le rendait plus léger. C’était la jeunesse qui s’ébrouait.

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