Ouïghours: l’Union européenne et les Etats-Unis sanctionnent la Chine, Pékin réplique

Ouïghours: l’Union européenne et les Etats-Unis sanctionnent la Chine, Pékin réplique

Les Etats-Unis ont annoncé lundi des sanctions contre deux responsables chinois, pour leur rôle dans les « graves violations des droits humains » à l’encontre de la minorité musulmane ouïghoure de la région autonome chinoise du Xinjiang.

« Les autorités chinoises continueront de subir des conséquences tant que des atrocités ont lieu au Xinjiang », a prévenu dans un communiqué la responsable du secrétariat au Trésor qui supervise les programmes de sanctions, Andrea Gacki.

Selon Washington, Wang Junzheng et Chen Mingguo sont associés à de « graves violations des droits humains », dont « des détentions arbitraires et une grave maltraitance physique ».

La décision américaine intervient après l’annonce d’un accord des Etats membres de l’Union européenne visant à sanctionner quatre personnes et une entité chinoises, également pour les violations au Xinjiang, qui doit toutefois encore être approuvé à l’unanimité lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE lundi prochain.

Les sanctions américaines « complètent » celles de l’UE et du Canada, précise le secrétariat au Trésor, qui souligne que les Etats-Unis « continueront de mener avec force les efforts mondiaux pour lutter contre les graves violations des droits humains au Xinjiang et partout dans le monde ».

La Chine a rétorqué lundi à l’annonce européenne en détaillant des sanctions contre dix Européens, dont des parlementaires et des universitaires, et contre quatre organisations.

Parmi les parlementaires visés figure Samuel Cogolati, député à la Chambre des représentants. L’écologiste est l’auteur d’une proposition de résolution demandant que la Belgique reconnaisse comme génocide le sort réservé aux Ouïghours. Le dépôt du texte avait déjà donné lieu à une vive réaction de l’ambassade de Chine en Belgique qui avait dénoncé des « actes peu glorieux et méprisables » fondés sur des « rumeurs extrêmement calomnieuses et absurdes ».

Le député et sa famille sont interdits d’entrée en Chine continentale, Honk Kong et Macao ainsi que de faire du commerce avec la Chine.

« C’est odieux car l’on vise le cœur de la démocratie «, a déclaré le député belge interrogé par l’Agence Belga. « Ce genre d’intimidation ciblée n’aura pour seul effet que de renforcer ma détermination à me battre pour la démocratie et les droits de l’homme. Je vais continuer mon travail pour que le sort qui est fait à la minorité ouïghoure soit reconnu comme un génocide et que des sanctions soient infligées aux responsables des violations des droits de l’homme, que ce soit au Xinjang (où vivent les Ouïghours), au Tibet, à Hong Kong ou partout ailleurs en Chine. Peu importe le poids de ces sanctions, ce n’est rien en comparaison des graves persécutions que des millions d’Ouïghours vivent quotidiennement ».

Les organisations de défense des droits humains accusent la Chine d’avoir fait interner jusqu’à un million de musulmans Ouïghours, dans des camps du Xinjiang.

La Chine dément catégoriquement et affirme que les « camps » sont des « centres de formation professionnelle » destinés à éloigner la population de l’extrémisme religieux et du séparatisme, après de nombreux attentats meurtriers commis contre des civils par des Ouïghours.

 
 
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