Racheter une PME pour démarrer son activité

Racheter une PME pour démarrer son activité

« La reprise est le juste équilibre entre le grand saut vers l’entrepreneuriat et un certain degré de sécurité », Guy Oeyen repreneur de La Main Verte

Cédant et repreneur sont les acteurs d’une histoire commune, celle d’une entreprise qui résiste à l’épreuve du temps. Passer la main pour le premier, prendre les rênes pour le second, sont les actes, parfois difficiles, d’une même pièce, celle de la transmission. Un enjeu majeur tant sur le volet économique que sur celui de l’emploi. Le vieillissement de la population est à l’œuvre et on estime qu’un tiers des dirigeants wallons devront céder leur « bébé » au cours des prochaines années. Un défi qui appelle à l’émergence d’entrepreneurs-repreneurs, capables de prendre la relève et d’assurer la continuité de l’activité. Guy Oeyen est de ceux-là…

La reprise, le plan A

Rien ne le prédestinait pourtant à abandonner le costume-cravate et les voyages d’affaires pour racheter La Main Verte, une PME wallonne active dans le secteur du jardinage. « On m’a regardé comme un fou », sourit ce fils d’indépendants, qui a multiplié les fonctions au sein d’une banque d’affaires suisse. « Mais à l’approche de la quarantaine, l’entrepreneuriat me titillait de plus en plus. Une envie profonde de redonner du sens à ma carrière, de relever un nouveau challenge professionnel en assumant la réussite et les échecs. » Comme une évidence, son changement de cap rime avec la reprise d’une affaire installée. En. filigrane, l’ambition de redynamiser une PME qui possède une histoire, un ADN, une clientèle, etc. « Cela me permettait d’éviter la case “création” et d’apporter du sang neuf à un projet existant. Mais c’était aussi un choix de raison, le juste équilibre entre le grand saut vers l’entrepreneuriat et un certain degré de sécurité, puisque je ne partais pas de zéro ».

Un (long) cheminement

Même si ce n’est pas un plan B, reprendre une entreprise ne s’improvise pas. Un trajet exigeant, au cours duquel il faut s’accrocher, notamment pour dénicher la perle rare. «Cela ressemblait parfois à un parcours  du combattant», avoue Guy Oeyen, dont la première véritable tentative de rachat  échoue.  « Avec un ami,  nous avions jeté notre dévolu sur une entreprise de gaufres à Liège. Tout était sur les rails, mais en pleine négociation, un grave souci familial a freiné le processus… Au moment de relancer la machine, c’était trop tard. » Un coup dur qui n’arrive pas seul, puisque son futur associé renonce à tenter une nouvelle aventure. « Une double baffe ! Mais plus rien ne pouvait me faire reculer. Quitter enfin mon travail de l’époque, changer de vie me démangeait toujours  plus. »  Fort de ce premier  « échec »  et avec le soutien de ses proches, il poursuit sa quête et finit par tomber sur La Main Verte, à vendre depuis déjà quelques années.

Valoriser, négocier et… signer

Pour ce passionné de jardinage, c’est l’opportunité rêvée, mais encore fallait-il mettre un prix sur l’affaire. « J’avais obtenu une série d’informations via l’agence : bilans, actifs, etc. Avec mon comptable, nous avons alors essayé d’estimer la valeur de l’entreprise, mais c’était vraiment difficile », explique Guy Oeyen, qui pouvait aussi compter sur l’appui de sa banque. Sa première proposition de rachat est refusée par les vendeurs, alors il multiplie les efforts et replonge dans le projet. « J’avais besoin d’être accompagné et de mieux comprendre les enjeux. C’est ce qui m’a poussé à suivre le cycle de formation de la Sowalfin. Une aide inestimable, car je matérialisais ce que je vivais au quotidien. » Après des semaines de travail intense, sa nouvelle offre est acceptée. « Les vendeurs étaient un peu hésitants. C’était leur bébé, une affaire familiale bien gérée pendant des décennies. Mais au fil du temps, ils ont vu que je mettais mes tripes et ils ont commencé à croire en moi. »
La convention signée, Guy Oeyen reprend officiellement La Main Verte.

Et après la signature ?

Fraîchement reprise, la PME wallonne allait pouvoir retrouver une nouvelle jeunesse sous la houlette de son nouveau propriétaire, mais non sans l’accompagnement des ex-dirigeants. « C’était important de faire la transition ensemble. Mon énergie leur avait même redonné un regain d’enthousiasme », poursuit-il. Mais la passation effective demeure une étape complexe, tant professionnellement qu’humainement. « Pour eux, ce n’était pas simple de lâcher prise, d’accepter une vision différente et une rupture avec le passé, alors nous avons mis fin prématurément à la collaboration. » C’est que l’entrepreneur a des idées plein la tête pour renouer avec le succès d’antan. « L’entreprise pouvait compter sur une solide notoriété et une clientèle fidèle, mais ce n’était plus suffisant. J’avais plusieurs projets de relance, entre autres, développer un pôle pour les professionnels, optimiser les 7 500 m2 et créer un nouvel espace de stockage, revoir les contrats avec les fournisseurs et engager du personnel pour booster le chiffre d’affaires. », explique-t-il des étoiles dans les yeux.

Envers et contre… le Covid

Guy Oeyen a repris les rênes de La Main Verte en mars 2020. Un détail ? Pas quand on connaît la suite des évènements et l’apparition du coronavirus. « Une liquidation des stocks était prévue le 20 mars et boum… fermeture des commerces. C’était effrayant ! Que faire ? », sourit-il (un peu jaune).
« Heureusement, ma famille et moi étions hyper motivés. Malgré les outils informatiques vétustes, nous avons commencé à faire des livraisons et la sauce a pris. » Un coup d’accélérateur qui redonne de belles couleurs à la PME et qui témoigne de l’engagement sans faille de l’entrepreneur. « On ne peut pas tout maîtriser, alors il faut parfois foncer », souligne-t-il, avant de lancer un autre conseil aux futurs repreneurs. « Préparez-vous, entourez-vous et posez des balises pour sécuriser le projet. Mais cela reste une aventure, il faut avoir l’énergie et l’enthousiasme de se relever après les inévitables chutes. Les regrets sont plus lourds à porter que les échecs, alors surtout  jetez-vous à l’eau ! » 

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