Le Tribunal d’Application des Peines a constaté le désistement de Marc Dutroux pour sa demande de libération

Le Tribunal d’Application des Peines a constaté le désistement de Marc Dutroux pour sa demande de libération
D.R.

Le Tribunal de l’Application des Peines (TAP) de Bruxelles a établi, jeudi après-midi, que « c’est à juste titre que Marc Dutroux a déclaré, à l’audience du 11 mars dernier, qu’il renonçait à sa demande de libération conditionnelle ». Le TAP a dès lors dit « constater le désistement » de sa demande.

Le TAP s’est basé sur le rapport des experts psychiatres, remis en septembre dernier. Ceux-ci ont conclu, au terme de plusieurs entretiens avec Marc Dutroux, que celui-ci présente encore un risque de récidive.

Selon ce rapport, relu par le président du TAP jeudi, Marc Dutroux présente toujours un type de fonctionnement de « psychopathe sadique sexuel », caractérisé par « une froideur, un désintérêt pour autrui, un plaisir à maltraiter autrui, et une manière de privilégier la transgression ».

Les psychiatres ont relevé que l’intéressé tenait toujours « un discours de négation infractionnelle et de victimisation ». Ils ont noté « l’absence d’évolution et de remise en question » dans le chef du condamné, concluant donc qu’il existe « un risque important de réitération d’infractions graves » et que « ce risque est élevé ».

Les experts, répondant aux questions précises qui avaient été formulées par le TAP, ont affirmé que la possibilité d’amendement et de reclassement était limitée, et qu’aucun suivi spécialisé n’est recommandé, car associé à une efficacité trop faible et à un risque de récidive réel. « Seul le maintien dans un cadre strict et fermé » est préconisé, ont-ils affirmé.

En octobre 2019, le TAP avait ordonné de procéder à une nouvelle expertise psychiatrique de Marc Dutroux, conformément à la demande des avocats de ce dernier. Me Bruno Dayez et Me Nicolas Cohen avaient demandé qu’un collège d’experts psychiatres soit désigné pour évaluer l’état mental actuel de leur client, afin de réévaluer le risque de récidive dans son chef, et de demander éventuellement ensuite une remise en liberté conditionnelle. Le ministère public s’était dit favorable à cette nouvelle expertise, les dernières datant de 2013 et 2015.

Les psychiatres ont ainsi rencontré Marc Dutroux à la prison de Nivelles à plusieurs reprises durant les mois qui ont suivi. Ils ont remis leur rapport en septembre dernier, concluant que le condamné est toujours psychopathe, maladie mentale caractérisée par l’absence de remords et d’empathie, et donc qu’il présente encore une dangerosité certaine.

Marc Dutroux est incarcéré depuis le 13 août 1996. Il a été condamné en 2004 à la réclusion à perpétuité et à 10 ans de mise à disposition du TAP, pour avoir enlevé et séquestré six jeunes filles – Julie, Mélissa, An, Eefje, Sabine et Lætitia –, pour avoir abusé sexuellement d’elles et pour avoir tué les quatre premières.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous