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Génocide au Rwanda: des «responsabilités accablantes» de la France, pointe un rapport

François Mitterrand a joué un rôle prépondérant dans la politique française au Rwanda, pointe notamment le rapport.

Temps de lecture: 3 min

L’ancien président socialiste français François Mitterrand a joué un rôle central dans la politique de la France au Rwanda entre 1990 et 1994, selon les conclusions d’un rapport publié vendredi, qui pointe également « les pratiques irrégulières » de son cercle proche.

« La France s’est longuement investie au côté d’un régime qui encourageait des massacres racistes. Elle est demeurée aveugle face à la préparation » du génocide des Tutsis en 1994, et « cet alignement sur le pouvoir rwandais procède d’une volonté du chef de l’Etat et de la présidence de la République », selon les conclusions d’un rapport d’historiens remis à Emmanuel Macron et consultées par l’AFP.

La France « est demeurée aveugle face à la préparation » du génocide des Tutsis du Rwanda de 1994 et porte des « responsabilités lourdes et accablantes » dans la tragédie, selon les conclusions du rapport d’une commission d’historiens publié vendredi.

Ce rapport très attendu, remis au président Emmanuel Macron, pointe dans ses conclusions « la faillite de la France au Rwanda » entre 1990 et 1994, et son « aveuglement » face à la dérive génocidaire du régime « raciste, corrompu et violent » du président hutu Juvénal Habyarimana. Et ce, « en dépit des alertes lancées depuis Kigali, Kampala ou Paris », précisent les conclusions du rapport.

Il souligne cependant que « rien ne vient démontrer » que Paris s’est rendu « complice » du génocide qui a fait au moins 800.000 morts selon l’ONU entre avril et juillet 1994.

Une responsabilité cruciale

Le document consulté par l’AFP avant sa publication officielle insiste sur la responsabilité cruciale du président socialiste de l’époque, François Mitterrand, dans cette politique.

« Cet alignement sur le pouvoir rwandais procède d’une volonté du chef de l’Etat et de la présidence de la République », écrivent les quatorze historiens de la Commission, qui ont passé au crible des dizaines de milliers d’archives françaises pendant deux ans. François Mitterrand entretenait « une relation forte, personnelle et directe » avec Juvénal Habyarimana, soulignent-ils.

Cette relation, doublée « d’une grille de lecture ethniciste » de la situation au Rwanda, a justifié « la livraison en quantités considérables d’armes et de munitions au régime d’Habyarimana, tout comme l’implication très grande des militaires français dans la formation des Forces armées rwandaises » gouvernementales.

Le rapport dénonce également « l’existence de pratiques irrégulières d’administration, de chaînes parallèles de communication et même de commandement, de contournement des procédures légales, d’actes d’intimidation » dans la mise en œuvre d’une politique qui était essentiellement décidée à l’Elysée et dans le cercle proche de M. Mitterrand.

Au moment du génocide, la France « a tardé à rompre » avec les responsables, et a continué à placer la menace du FPR (Front patriotique rwandais, l’ex rébellion tutsi qui mit fin au génocide) au sommet de ses préoccupations «, écrivent les historiens. » Elle a réagi tardivement « avec l’opération militaro-humanitaire Turquoise entre juin et août 1994, » qui a permis de sauver de nombreuses vies, mais non celles de la très grande majorité des Tutsis du Rwanda exterminés dès les premières semaines du génocide «, ajoutent-ils.

Même si les relations entre Paris et Kigali se sont détendues avec l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017, le rôle de la France au Rwanda, longtemps accusée de » complicité « de génocide par Kigali, reste un sujet explosif depuis plus de 25 ans. Il est aussi l’objet d’un débat violent et passionné entre chercheurs, universitaires et politiques.

La commission présidée par l’historien Vincent Duclert a été mise en place en 2019 par M. Macron, qui s’est illustré par sa volonté de faire évoluer certains dossiers mémoriels délicats.

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10 Commentaires

  • Posté par John Clive Ahn, samedi 27 mars 2021, 13:42

    La France a laisse faire des guerres tribales, elles ne les a ni provoquees ni encadrees d'attaches militaires. Je souligne qu'a cette epoque, ni Bill Clinton ni Jean-Luc Dehaene n'ont voulu envoyer le moindre para. Au contraire de Kolwezi, ou les Francais et les Belges lutterent cote a cote pour repousser les grndarmes Katangais. Or le Ruanda Burundi etaient nos deux perles coloniales. Dans cette malheureuse affaire, seul le pape, informe par le clerge local et Paul Kouchner alors directeur de MSF firent leur devoir et alerterent l'opinion mondiale. La presse ne bougea pas.

  • Posté par Baeyens Remi, samedi 27 mars 2021, 12:33

    Quand la France a évacué les forces militaires rwandaise génocidaires à travers Shangugu pour les installer à Goma, ils les ont laissés avec leurs ARMES. Ce qui est en contradiction avec les lois internationales, elles auraient dû être désarmés. C'était donc bien une opération visant la reconquête du Rwanda. La France aurait dû être accusée de participation au génocide.

  • Posté par Dupont Vincienne, samedi 27 mars 2021, 2:53

    Un vrai salaud.

  • Posté par Druide David, vendredi 26 mars 2021, 20:59

    Ce Mitterand n'a été qu'une ordure toute sa vie durant.... De Vichy à sa mort....

  • Posté par Haegelsteen Philippe, vendredi 26 mars 2021, 19:38

    Le saint Mitterand, d'une intelligence diabolique avec un passé nébuleux à Vichy, à toujours été d'un cynisme effrayant. Il est temps de déboulonner ses statues et de faire une commission d'enquête. Ah oui, ce sera comme pour l'épuration des icônes françaises qui ont "collaboré" pendant la guerre, on n'y touche pas. En attendant on a traité la Belgique de tous les maux suite au génocide rwandais...

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