Birmanie: l’ONU déplore des dizaines de morts dont des enfants dans la répression des manifestations

Des dizaines de Birmans, dont des enfants, ont été tués samedi 27 mars 2021, dans la répression de nouvelles manifestations pro-démocratie.
Des dizaines de Birmans, dont des enfants, ont été tués samedi 27 mars 2021, dans la répression de nouvelles manifestations pro-démocratie. - AFP

L’ONU a déploré des dizaines de morts, dont des enfants, dans la répression des manifestants pro-démocratie samedi dans plusieurs villes de Birmanie, se disant « choquée » par cette violence.

« Nous recevons des rapports faisant état de dizaines de morts, dont des enfants, de centaines de blessés, dans 40 localités, et d’arrestations massives. Cette violence aggrave l’illégitimité du coup d’Etat et la culpabilité de ses dirigeants », a indiqué le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme dans un tweet.

«Au moins 89 personnes avaient été tuées à la tombée de la nuit», a déclaré l’Association pour l’assistance aux prisonniers politiques, une ONG locale qui recense le nombre de décès depuis le coup d’Etat du 1er février.

Réactions

Les Etats-Unis, l’Union européenne et la Grande-Bretagne ont condamné les « meurtres » commis par l’armée dans le pays, qui traverse une grave crise depuis que la cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kyi a été évincée du pouvoir par un coup d’Etat militaire le 1er février.

Les militants pro-démocratie avaient appelé à une nouvelle série de manifestations samedi, jour où l’armée organise tous les ans un gigantesque défilé militaire devant le chef de l’armée, désormais chef de la junte au pouvoir, le général Min Aung Hlaing.

Dans l’après-midi, alors que les manifestations se poursuivaient un peu partout dans le pays, l’AFP a pu vérifier qu’au moins 24 personnes avaient été tuées, les médias locaux faisant eux état d’un bilan beaucoup plus lourd.

La violence a éclaté dans toute la région de Mandalay (centre) lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants, tuant au moins neuf personnes dans quatre villes différentes, dont un médecin à Wundwin et une adolescente de 14 ans à Meiktila, selon les secouristes sur le terrain.

A Myingyan, un manifestant qui a vu un homme tué après avoir reçu une balle dans le cou, a déclaré que le nombre de morts augmenterait probablement. « Aujourd’hui, c’est comme un jour de révolution pour nous », a-t-il déclaré.

Dans deux villes de la région de Sagaing, cinq personnes ont été tuées, dont un adolescent de 13 ans pris dans une fusillade, selon un habitant de Shwebo. « Il était juste assis devant sa maison », a-t-il assuré.

Dans le nord-est du pays, dans l’État de Shan, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur un rassemblement d’étudiants à Lashio, faisant au moins trois morts, selon un secouriste corroborant les informations des médias locaux.

A Nyaung-U près de Bagan, célèbre site classé par l’UNESCO, un guide touristique a été tué par balles alors qu’il participait à une manifestation.

A Rangoun, des panaches de fumée s’élevaient au-dessus de la capitale économique. Au moins cinq personnes ont été tués dans la nuit de vendredi à samedi par la police qui a ouvert le feu sur des manifestants qui réclamaient la libération de leurs amis, devant un poste de police dans le sud de Rangoun, selon des témoignages.

Un bébé jouant dans la rue dans une ville du nord de Rangoun a été touché à l’œil par une balle en caoutchouc lorsque la police a ouvert le feu sur des manifestants à proximité. Il a été transporté à l’hôpital par ses parents.

Près de la prison d’Insein, un rassemblement avant l’aube a sombré dans le chaos lorsque les soldats ont commencé à tirer. Une personne au moins a été tuée, un policier de 21 ans, Chit Lin Thu, qui avait rejoint le mouvement anti-coup d’État.

A Meiktila (centre), deux manifestants ont trouvé la mort, « un homme de 35 ans et une fille de 14 ans », a déclaré à l’AFP un secouriste.

Condamnations et sanctions

La brutalité de la répression a entraîné sur la scène internationale une série de condamnations et de sanctions touchant les avoirs de nombreux militaires puissants, dont leur chef, mais la pression diplomatique a eu jusqu’ici peu d’impact.

Selon un groupe de défense de prisonniers politiques, 330 personnes ont trouvé la mort dans les troubles depuis le putsch.

 
 
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