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Grève générale: la journée de mobilisation ravit les syndicats, le patronat consterné

La CSC et la FGTB avaient appelé à la grève nationale pour protester contre la norme salariale qui empêche les salaires d’augmenter de plus de 0,4 % (en plus de l’indexation automatique des salaires) pendant les deux prochaines années.

Temps de lecture: 4 min

Les syndicats sont satisfaits du mouvement de grève qui s’est tenu lundi à travers le secteur privé, ont-ils indiqué à Belga. Le patronat est pour sa part consterné, jugeant la grève « contreproductive ».

Commerce, grande distribution, transport, industrie… Une grande variété de secteurs se sont mobilisés pour cette journée de grève, ce qui témoigne d’un malaise partagé entre les domaines d’activité, a estimé la secrétaire générale de la CSC Marie-Hélène Ska en fin d’après-midi. Sans pouvoir encore donner de chiffres précis, elle salue une « impressionnante mobilisation », malgré un contexte cadenassé par la crise du coronavirus.

La mobilisation des travailleurs démontre que les syndicats représentent le monde du travail et ses attentes, a, pour sa part, analysé Thierry Bodson, président de la FGTB. Il appelle le patronat à « revoir ses positions ». Selon les informations du syndicat socialiste, l’industrie manufacturière a été « quasiment à l’arrêt » en Wallonie et à Bruxelles, tandis que les transports publics ont été fortement perturbés.

La CSC et la FGTB avaient appelé à la grève nationale pour protester contre la norme salariale qui empêche les salaires d’augmenter de plus de 0,4 % (en plus de l’indexation automatique des salaires) pendant les deux prochaines années. Le syndicat libéral CGSLB n’avait pas suivi l’appel à la grève.

Ce sont avant tout les transports publics qui ont été perturbés. A Bruxelles, seule une ligne de métro et sept grandes lignes de tram de la Stib étaient en service. En Wallonie, les Tec étaient pratiquement à l’arrêt dans la région de Liège-Verviers, notamment. En revanche, plus de la moitié des trains de la SNCB étaient en service grâce au service de trains alternatif élaboré dans le cadre de la grève. Au nord du pays, seul un véhicule De Lijn sur trois circulait en moyenne.

Le secteur technologique a été fortement touché également, avec une entreprise sur 10 concernée. Selon la fédération sectorielle Agoria, 30 % de ces entreprises enregistrent lundi une perte d’activité de plus de 75 %.

En province de Liège, des piquets de grève ont notamment été installés chez Liberty Steel à Tilleur, un choix qui n’a pas été fait au hasard vu la menace qui pèse sur le groupe en raison de la faillite de Greensill, partenaire financier de Liberty Steel. Une situation qui fait craindre des répercussions sur les 761 emplois locaux.

Le personnel de nettoyage et de gardiennage a profité de la journée de mobilisation pour manifester sur la place de la Liberté à Bruxelles, rebaptisée « place de la liberté de négociation » pour l’occasion. Les travailleurs appellent à sortir du carcan d’une marge salariale à 0,4 %.

Une trentaine de militants étaient par ailleurs présents lundi matin chez Brucargo, la division cargo de Brussels Airport, afin de réclamer une augmentation salariale après une « très bonne année » pour le secteur de la logistique.

En Flandre, de grandes entreprises ont été touchées par la grève, comme Volvo Cars à Gand, où la production était totalement à l’arrêt et reprendra mardi.

Une situation qui contrarie le patronat, pour qui l’idée même d’une grève en pleine crise sanitaire est « contreproductive », des mots de l’Union des classes moyennes (UCM). Cette grève est « regrettable » à ses yeux : « Les chefs de PME sont attachés à la paix sociale et celle-ci est plus nécessaire que jamais, à l’heure où des décisions stratégiques vont se prendre. (…) Les syndicats réclament une augmentation des salaires supérieure à 3,2 % en deux ans (2,8 % d’indexation automatique + 0,4 % de norme salariale). L’UCM insiste sur le fait que respecter cette norme sera déjà un exploit pour des milliers d’employeurs. »

Concernant les entreprises qui ont réalisé des profits en raison du Covid-19, l’UCM souligne que les employeurs ne sont pas opposés à un partage de ces bénéfices avec les employés, mais que les solutions sont à trouver autour d’une table de négociation.

La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) regrette, quant à elle, « que les syndicats aient décidé d’entraver la difficile relance économique, de compromettre la compétitivité de notre économie et par conséquent de mettre à mal l’emploi ».

Les syndicats verront prochainement si la journée de grève aura des répercussions sur la concertation sociale. Après l’échec des négociations entre syndicats et employeurs pour un accord interprofessionnel, c’est le gouvernement fédéral qui a la main. Le Premier ministre Alexander De Croo a laissé entendre dimanche que des pistes avaient été fournies depuis quelques semaines aux patrons et aux syndicats, afin d’ouvrir la possibilité à des entreprises qui engrangent de bons résultats de donner plus d’augmentation à leurs travailleurs que les 0,4 % prévus. Un « premier signal », selon la CSC.

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9 Commentaires

  • Posté par Christian Radoux, mardi 30 mars 2021, 1:13

    Et en Flandre ?

  • Posté par Chalet Alain, mardi 30 mars 2021, 0:36

    En sa grande majorité, le public est malheureusement ignorant de nos mécanismes financiers et du capitalisme en général. Capitalisme sans lequel, faut-il encore le rappeler, aucune démocratie n'a pu survivre. Ce public est donc une cible qui avale facilement les slogans populistes et mensongers des syndicats et de partis comme le PS ou le PTB. Pourquoi ne pas plutôt expliquer nos mécanismes financiers et notamment l'utilité d'une entreprise, la nécessité d'un apport de capital pour la créer et ce que sont une action, un dividende et un cours de bourse? Beaucoup comprendraient alors deux choses 1)Même s'ils n'ont que peu d'économies, ils feraient mieux de les placer en actions (en commençant par un fonds bien diversifié) plutôt que sur un compte d'épargne qui ne leur rapporte rien. Et 2)Etre actionnaire est à la portée de tout le monde et ne veut pas dire "gros salaud plein de fric, profiteur et malhonnête".

  • Posté par DOMINIQUE SCHOLLAERT, lundi 29 mars 2021, 21:15

    Faut taxer, à 50 % , les dividendes des rentiers, parasites sociaux !

  • Posté par Chalet Alain, mardi 30 mars 2021, 0:32

    En Belgique, les dividendes sont déjà taxés à environ 50%= impôt sur le bénéfice +encore 30% sur le résidu versé à l'actionnaire. Les "actionnaires" sont souvent de petits épargnants, qui préfèrent placer ainsi une partie de leurs économies, plutôt que de tout laisser sur un livret ou compte d'épargne qui est "sûr", mais ne rapporte pas grand-chose. Acheter une action (= une partie d'une société) est à la portée de tout le monde et est utile, car cela finance notre économie (laquelle paie les salariés, fait vivre les indépendants et permet aussi de payer le chômage, nos pensions, nos soins de santé et l'enseignement). Mais c'est aussi risqué, car toute société peut faire faillite et ses actionnaires perdent alors tout. C'est pour cette raison que les actionnaires ne placent ainsi leur argent qu'en échange d'une bonne rétribution (le dividende), taxée cependant au total à environ 50% en Belgique. Pourquoi ne pas devenir vous-même actionnaire?

  • Posté par M. G., lundi 29 mars 2021, 19:56

    Quelle indexation des salaires ? La plupart du temps, le politique choisit le saut d'index .... :)

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