En 2020, la justice à ouvert 12% de dossiers en plus en raison des infractions «corona» (infographie)

A la fin de l’année 2020, il y avait 22% d’affaires pendantes en plus au sein des parquets correctionnels par rapport à 2019.
A la fin de l’année 2020, il y avait 22% d’affaires pendantes en plus au sein des parquets correctionnels par rapport à 2019. - Belga / Katleen Vastiau.

Le ministère public présente ce jeudi ses chiffres pour l’année 2020. Une année – « sans surprise » – marquée par la pandémie de covid. Voyez plutôt : entre 2019 et 2020, le flux d’entrée des affaires non « corona » présente une baisse de 9 %. Cependant, le grand nombre d’affaires covid entraîne une augmentation du flux d’entrée global de 12 % par rapport à 2019. En fait, le nombre de dossiers santé publique est multiplié par 12.

Le procureur général de Bruxelles, Johan Delmulle, a félicité les magistrats qui ont dû, et doivent encore, traiter une masse d’affaires en raison de la pandémie. Et il reste du travail pour 2021, comme le montre le stock de dossier en souffrance : « A la fin de l’année 2020, il y avait 22 % d’affaires pendantes en plus au sein des parquets correctionnels par rapport à la fin de l’année 2019. Cette forte hausse s’explique principalement par le grand nombre d’affaires covid qui sont entrées durant les derniers mois de 2020 dans les parquets et qui auront reçu une orientation en 2021 », explique le ministère public.

La pandémie a l’effet inverse sur d’autres types de criminalité. Vols et extorsion ? Moins 21 % ! On parle là des vols à l’étalage, des vols à la tire, dans les véhicules… mais aussi des vols avec violence ou des cambriolages.

Pornographie infantile en hausse

Les affaires de détention de stupéfiants (-14 %), d’importation et d’exportation de stupéfiants (-30 %) et de dopage (-36 %) suivent la tendance baissière. « Ceci étant probablement à relier à l’annulation des concerts, des festivals et compétitions sportives, la fermeture des frontières mais également au confinement strict que notre pays a connu », avance la magistrature.

Au rayon des phénomènes en hausse – hors corona – quelques chiffres inquiétants. Les dossiers pour fraudes informatiques gonflent de 32 % entre 2019 et 2020, celles pour recel et blanchiment de 54 %. « On constate également une hausse importante des affaires de pornographie infantile (+ 95 %) », soulignent les statisticiens.

En revanche, au sujet des violences intrafamiliales, dont on pouvait craindre une explosion en raison des confinements successifs, les chiffres ne montrent pas d’augmentation. Le procureur général de Liège, Christian de Valkeneer, soulève toutefois « une réserve importante » : « C’est une matière où le chiffre noir est très important. Certaines enquêtes évoquent un chiffre noir, c’est-à-dire le nombre de faits qui ne font pas l’objet d’une plainte aux services de police, autour de 70 %. On ne peut pas exclure que le chiffre noir ait augmenté mais que ces faits n’ont pas été dénoncés, donc il faut rester prudent. »

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous