Energie: de Göteborg à Milan en passant par Bruxelles, donnez votre avis sur Doel 1 et 2

Energie: de Göteborg à Milan en passant par Bruxelles, donnez votre avis sur Doel 1 et 2
Belga.

Habitants de Suède, de Norvège, d’Allemagne, de Pologne, d’Italie, de Suisse, de France, des Pays-Bas ou de Grande-Bretagne, mais aussi de Wallonie, de Flandre et de Bruxelles, si vous nous lisez, sachez que votre avis sur les réacteurs de Doel 1 et 2 nous intéresse. Plus exactement, il intéresse le gouvernement fédéral. Ce vendredi sera publié au Moniteur belge l’avis d’organisation d’une consultation publique sur la prolongation de la durée de vie des deux réacteurs anversois. Il était temps, me direz-vous. Et vous aurez raison.

Doel 1 et 2 auraient dû être éteints en 2015. Mais le gouvernement Michel avait décidé, fin 2015, de les prolonger pour dix années de service supplémentaires. A l’époque, la ministre fédérale de l’Energie, Marie-Christine Marghem (MR), avait cru pouvoir se passer d’une étude sur les incidences environnementales préalable. Mauvais choix : en mars 2020, la Cour Constitutionnelle, après avoir consulté la Cour européenne de Justice, décidait que la prolongation était illégale. Pour garantir la sécurité d’approvisionnement, les effets de la loi étaient pourtant maintenus jusqu’à fin 2022, à charge pour le gouvernement d’organiser l’étude d’incidence et une consultation publique, puis de voter une nouvelle loi avant cette échéance.

Récupéré, le bébé

L’actuel exécutif De Croo et la ministre de l’Energie, Tinne Van der Straeten (Groen), ont donc récupéré le bébé et mis sur pied les deux procédures portant sur cette prolongation et les travaux de sécurité qui y sont liés – qui ont tous été effectués par Engie dans l’intervalle. L’étude d’incidence a été confiée en décembre dernier au Centre d’étude de l’énergie nucléaire (SKC-CEN) de Mol. La consultation publique, elle, va donc s’ouvrir et elle sera accessible à tous les habitants dans un rayon de… 1.000 kilomètres autour de Doel. Les résidents belges pourront participer à cette enquête du 15 avril au 15 juin, le formulaire étant disponible sur le site web du SPF Economie. Pour les autres pays, ce sont les gouvernements locaux qui doivent organiser leur propre enquête, dont les résultats devront être transmis au gouvernement belge avant le 2 juillet 2021 pour le faire.

« Nous lançons aujourd’hui la plus grande enquête publique jamais réalisée », indique Tinne Van der Straeten. « Dans un rayon de 1.000 km autour des centrales nucléaires Doel 1 et 2, jusqu’en Suède donc, les citoyens et les organisations peuvent faire connaître leurs préoccupations quant à l’impact environnemental de la prolongation de la durée de vie de ces centrales. Une consultation publique transfrontalière est une obligation légale. C’est une bonne chose que les citoyens et les organisations soient entendus dans une telle décision ».

Tant les particuliers que les régions, les provinces, les communes, l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) et l’Institut national des déchets radioactifs (INRAS) « sont invités à consulter le rapport sur les incidences environnementales et à donner leur avis via un formulaire en ligne », précise le cabinet de la ministre qui rappelle que « cette consultation publique est indépendante » de la décision de sortie du nucléaire – le gouvernement se laisse jusqu’au mois de novembre pour décider d’éventuellement prolonger Doel 4 et Tihange 3 –, ainsi que de la mise en place du mécanisme de rémunération de capacité (CRM).

 
 
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