Plusieurs dizaines de policiers blessés et 22 arrestations lors de l’évacuation du bois de la Cambre

Plusieurs dizaines de policiers blessés et 22 arrestations lors de l’évacuation du bois de la Cambre
Photo News.

Entre 1.500 et 2.000 personnes, selon la police, se sont rassemblées au Bois de la Cambre, à Bruxelles ce jeudi, à l’occasion de La Boum, un faux festival de musique gratuit partagé sur les réseaux sociaux. « Aucune distanciation ou geste barrière ne sera toléré », pouvait-on lire sur la page de l’événement. « Redonnons de l’humanité à nos vies, en dansant jusqu’à l’aube… », le ton était donné.

Au milieu de l’après-midi, un important dispositif policier commençait déjà à se mettre en place sur les hauteurs du parc. Alors que les nombreux grands DJ à l’affiche n’étaient évidemment pas de la partie, il régnait, vers 17h, une véritable ambiance de festival sur la plaine sud du bois. Si certaines bulles (certes, modulables) prenaient simplement l’apéro, un groupe de plusieurs centaines de jeunes dansait et s’adonnait à des pogos au rythme de la musique crachée par la sono improvisée.

A peine quelques minutes plus tard, la police a annoncé qu’elle allait procéder à l’évacuation des lieux : « Si vous restez, vous risquez une amende ou une arrestation administrative », ont prévenu les forces de l’ordre via un drone, alors que la première arroseuse arrivait sous les huées des fêtards. Sur Twitter, le bourgmestre de la ville de Bruxelles a dit comprendre que les gens aient besoin de prendre l’air, mais a justifié l’évacuation : « On ne peut pas tolérer de tels rassemblements dans le bois de la Cambre après avoir observé encore cet après-midi avec le directeur de (l’hôpital) Saint-Pierre les efforts fournis au centre de vaccination pour combattre ce virus. » Aussitôt dit, aussitôt fait, l’évacuation a rapidement commencé. Les policiers ont encerclé les badauds aux abords du lac. Face aux premières résistances des protestataires scandant le mot « liberté », la police a fait usage d’une, puis de deux et plus tard, trois autopompes. L’une d’entre elles servira à éteindre un feu allumé par quelques jeunes. Le jeu du chat et de la souris entre les forces de police et les fêtards devenus contestataires commençait. Les policiers (dont ceux à cheval) ont chargé et essuyé les premiers jets de projectiles avant de répondre par des tirs de gaz lacrymogène.

Peu après 20h, la police avait gagné du terrain, poussant les (très majoritairement) jeunes vers les différentes sorties du bois. La principale plaine du parc était presque vidée, seuls les déchets des fêtards (organisés en tas) jonchaient le sol. Dans leurs replis, quelques jeunes s’en sont pris aux véhicules des forces de police à coups de pierres, bois ou mobilier urbain présent sur leur chemin. Vers 21h, un hélicoptère de la police tournait toujours dans le ciel sud-bruxellois, alors que deux groupes de plusieurs centaines de personnes étaient toujours présents aux alentours des Jeux d’Hiver. Selon dernier un bilan communiqué par la porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles, Ilse Van de keere, dix-huit personnes ont été arrêtées administrativement et quatre judiciairement. Plusieurs dizaines de policiers, sept chevaux de la police et huit manifestants ont été blessés. Un bilan définitif sera communiqué vendredi en fin de matinée.

« Le fait que des policiers aient été blessés alors qu’ils faisaient leur travail est inacceptable », a déclaré jeudi soir la ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden.

La police de Bruxelles-Ixelles a ouvert une enquête pour identifier les organisateurs de cette drôle de boum.

 
 
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