Fontinoy-Reynders: le MR relativise

Fontinoy-Reynders: le MR relativise
Belga

Le livre de Philippe Engels Le clan Reynders, dont nous faisions état ce mardi, a suscité de l’intérêt au MR. Parce que cette enquête sur « l’étonnant compagnonnage entre un leader politique considéré comme l’un des plus brillants des dernières générations et un petit bonhomme gris sans envergure mais au toupet inaltérable », telle qu’elle se définit elle-même, évoque le compagnonnage entre Didier Reynders, actuel commissaire européen et ex-vice-Premier et président libéral, et son ex-bras droit, Jean-Claude Fontinoy, président de la SNCB sur le départ. Le MR ne fait pas de commentaire. Mais « off the record », des libéraux l’assurent : ce livre ne crée pas de « folle émotion », parce que les réformateurs avaient été avertis de sa publication et que certains s’attendaient… « à du plus lourd ». Plusieurs le disent : « Concernant Fontinoy, il n’y a pas de découverte : on sait depuis longtemps qu’il est “borderline”. » Dit autrement : « On connaissait ses mauvaises pratiques. » Mais l’on se console ainsi : « C’était une époque, la page Fontinoy se tourne. La preuve : le MR ne s’est pas battu pour qu’il ait un mandat fédéral. Place au changement de génération. »

Il nous revient que lorsque le parti aura prochainement nommé tous ses mandataires dans les entreprises et organismes publics, il apparaîtra que « Jean-Claude Fontinoy n’aura plus de fonctions pour le MR ». Même les dégâts potentiels pour le MR sont minimisés : « C’est une affaire trop personnelle pour ternir le MR. » Et les dégâts sur Didier Reynders ? Lui-même ne fait pas davantage de commentaire que son parti. « Il attend que l’orage passe », juge un libéral. Qui estime toutefois qu’un problème pourrait apparaître si d’aventure la Commission européenne réclamait des éclaircissements à l’ex-vice-Premier. « Mais », nous glisse-t-on encore, « le livre arrive un peu après la bataille, puisque Didier Reynders n’est plus ministre. S’il l’avait encore été, là, il aurait pu être mis à mal. » En outre, « il est en fin de carrière. »

Du côté des reyndersiens, on relativise aussi : « Jean-Claude Fontinoy a souvent été cité, on écrit sur lui depuis des années, mais il n’a jamais été condamné. C’est une forme de harcèlement, de présomption de culpabilité. » Reste donc à voir « si la sauce prendra », comme on nous le confie. Du côté judiciaire, deux enquêtes sont déjà en cours : une information à Namur sur le sponsoring privé de l’ASBL de Fontinoy et une instruction à Bruxelles sur le pot-de-vin présumé versé en marge du dossier libyen. Le livre de Philippe Engels dévoile une possible affaire de détournement des moyens de la SNCB au profit de campagnes du MR dans la capitale. Réaction du parquet de Bruxelles mardi ? « Pas de commentaire à ce stade. »

 
 
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