La taxation au kilomètre bruxelloise fait l’unanimité contre elle

Flandre et Wallonie s’inquiètent d’un «comportement d’évitement afin d’éviter les routes à taxation» et du report du trafic routier sur le ring.
Flandre et Wallonie s’inquiètent d’un «comportement d’évitement afin d’éviter les routes à taxation» et du report du trafic routier sur le ring. - Photo News.

Dans la discrétion, la concertation interfédérale réclamée au lendemain de la présentation – fin 2020 – du projet de taxation au kilomètre de tous les véhicules particuliers et camionnettes circulant à Bruxelles se poursuit. Une première étape vient d’être franchie avec la remise d’un « rapport final » résumant le travail des techniciens des cabinets et administrations compétents. Le Soir a pu consulter ce rapport. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’idée de la Région fait l’unanimité contre elle.

Celle-ci voudrait mettre son projet en œuvre en 2022. Officiellement, elle n’annonce pas de changement de cap. Dans un (autre) rapport, sur le projet de plan belge pour la reprise et la résilience, elle confirme même le caractère « pertinent et impactant » de son projet. Mais en reconnaît « certains risques politiques » et suggère que « la composante « pricing » [l’élément de taxe, NDLR] » n’est « qu’un élément » pouvant « être supprimé en l’absence d’accord politique ».

Faut-il y voir une porte de sortie qui déjà se dessine ? Au cabinet du ministre-président Vervoort, on le dément : « Cela signifie qu’on pourrait le faire techniquement. Mais laissons du temps à la négociation sans préjuger de son résultat. »

Car la Wallonie et la Flandre ne sont pas du tout chaudes à l’idée de voir la Région bruxelloise imposer une taxe au kilomètre à « leurs » navetteurs. Leur résistance se portera à tous les niveaux. Dans le rapport des groupes de travail qui ont bossé sur la fiscalité, la mobilité, l’économie-emploi et l’environnement, on peut lire que, derrière des arguments politiques exprimés dès l’annonce du projet, s’alignent des contre-feux fiscaux, budgétaires, légaux, environnementaux et même de mobilité. Seul point d’accord entre les entités : il faudra vraisemblablement conclure un accord de coopération interrégional.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous