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Justifier l’efficacité de chaque mesure covid par une étude scientifique? C’est un fantasme

Où s’arrête la mission des scientifiques et où démarre celle des politiques, dans la gestion de cette crise ? Si la frontière entre les deux a parfois été floue, depuis le début de la pandémie, il y a beaucoup de choses que la science ne peut pas assumer.

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Chef du service Enquêtes Temps de lecture: 7 min

C’est l’un des arguments « tendance » pour contester les mesures covid. Et on risque de l’entendre en parallèle du très attendu Comité de concertation programmé ce mercredi : « Où sont les études scientifiques qui justifient les mesures ? » En forçant un peu le trait, les coiffeurs veulent qu’on leur démontre que la contamination est plus forte dans leur salon que dans une pépinière ; l’horeca attend qu’on lui prouve que les restos sont des clusters privilégiés ; et la culture veut qu’on lui certifie, étude à l’appui, que ses salles sont aussi risquées que les secteurs précités. Bref, chacun défend son bout de steak, en partant du principe que, s’il n’y a pas d’étude attestant de la dangerosité du lieu, on peut le rouvrir. Politiquement, l’argument circule aussi. On entend de plus en plus de voix se retourner vers les experts en leur disant : « Montrez-nous vos études ». Au nom de « la Science ». Un peu comme si « la Science » était capable de tout démontrer.

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58 Commentaires

  • Posté par FR. W., mercredi 14 avril 2021, 0:01

    Non, pas toutes les mesures, seulement une, celles des places fenêtre dans les trains ... j'aimerais une étude scientifique sur le risque de contamination très important dans un train lors d'un trajet vers la côte durant la période des congés (en comparaison avec le bus, avec le voyage de retour, avec une semaine plus tard, avec un voyage vers les Ardennes, avec le trajet vers le travail dans n'importe quel transport en commun). Et cerise sur le gâteau serait si vous pourriez associer Kroll à l'étude pour illustrer les idées principales, on a tous besoin de rire un bon coup. En changeant dix pourcent des dialogues d'un drame, vous le transformez en comédie, en imposant quelques mesures grotesques, vous décrédibilisez beaucoup de bonnes mesures et de bons conseils.

  • Posté par STORDIAU Pierre, mercredi 14 avril 2021, 11:14

    Ah! Oui; les discussions "byzantine" sur le sexe des anges ! LOL

  • Posté par STORDIAU Pierre, mardi 13 avril 2021, 16:04

    On ne peut à la fois dire tout ... et son contraire ! D’une part, encenser au pinacle de l'humanité les scientifiques et les soignants; la fulgurance de leur réponse à nous sauver de cette pandémie (que les inciviques de complotistes persistent a nier et propager) en inventant une réponse thérapeutique qui habituellement venait après 3 à 5 ans! ... Et de l'autre côté vouer aux enfers leurs confrères ; tout autant bardés de diplômes ; simplement parce qu’ils sont porte parole de mauvaise augure ou messager d’une apocalypse qui pourrait un jour nous balayer comme nos bon vieux dinos ? L’OMS devrait-elle alors aussi être réduite au silence, à l’instar des Pythies de Delphes, pour avoir OSÉ "parler " ? Poser la question c’est déjà y répondre …

  • Posté par Le Boulengé Éric, mardi 13 avril 2021, 17:17

    @Pierre Stordiau : Pourriez-vous définir l'expression "inciviques de complotistes" qui figure dans la parenthèse "(que les inciviques de complotistes persistent a [à] nier et propager)" de votre message ? Je ne la comprends pas. Merci.

  • Posté par Marlier Jacques, mardi 13 avril 2021, 15:09

    De façon générale, j'estime que la pandémie a été relativement bien gérée en Belgique. Assez rapidement, la majorité des experts et des politiques ont admis que la science avait pour mission d'essayer de découvrir et de décrire au mieux les éventuels liens de cause à effet entre les événements observés et que c'était aux politiques qu'il revenait de choisir les risques à faire courir ou non par la population. Que les théories et les pratiques aient évolué sur un an, cela me paraît on ne peut plus normal. En outre, comme toute évolution se fait toujours par essais et erreurs, il n'y a non plus lieu de s'étonner et de s'indigner systématiquement que des erreurs aient été commises par-ci, par-là. Un chemin énorme a été accompli grâce à la collaboration entre les politiques et les scientifiques, et ce malgré certains couacs. Ceux-ci ont parfois été dus aux scientifiques, parfois aux politiques, parfois aussi au public. Désolé pour les pisse-vinaigres! L'équipe belge des 11 millions s'est plutôt bien débrouillée, et (chouette!) cela continue.:-)

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