Coronavirus: ce qui est sur la table du Comité de concertation

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Interrogé ce lundi sur les décisions à attendre du Comité de concertation de mercredi, Alexander De Croo s’est montré évasif. « Ce Comité de concertation doit pouvoir prendre des décisions dans la sérénité », a-t-il dit en appelant « tout le monde » – responsables politiques et experts – à éviter de « trop s’exprimer, de trop créer des attentes ». Il faut que ce soit des décisions équilibrées », a-t-il conclu. Dès lors, très peu d’informations filtrent sur les possibles adaptations des mesures.

Horeca

Steven Van Gucht s’est exprimé sur la réouverture de l’horeca auprès de nos collègues du journal flamand Het Laatste Nieuws. Pour le virologue flamand et porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus, la date du 1er mai est trop ambitieuse. « J’espérais que la baisse des chiffres soit plus rapide », a indiqué Steven Van Gucht, qui ne ferme pas pour autant la porte à une réouverture à cette date. « Deux semaines peuvent faire toute la différence. (…) L’horeca demande des garanties quelques semaines à l’avance – à juste titre – mais nous, virologues, ne pouvons pas encore en donner. C’est évidemment une situation très difficile. Espérons que les courbes fléchiront réellement bientôt. »

Les élus MR se sont retrouvés sur les ondes des principales matinales francophones en cette veille de Comité de concertation. Pour les deux libéraux, une chose est certaine : il faut que des actes soient posés dès le 1er avril pour l’horeca. Si ce n’est pas la réouverture, ils insistent tous les deux sur l’importance de pouvoir présenter des perspectives via un plan en plusieurs phases. « Le Codeco ne peut pas manger sa parole. Nous devons garantir au minimum à l’horeca une ouverture phasée à partir du 1er mai », a indiqué Denis Ducarme au micro de Bel RTL. « Il faut que le premier mai, un acte soit posé et qu’il y ait un engagement si le 1er mai on n’ouvre pas l’ensemble. » Des actes les plus larges possibles doivent être posés, a-t-il continué.

Frank Vandenbroucke l’a répété plusieurs fois ces dernières semaines : le ministre de la Santé est réticent à donner des dates précises étant donné qu’elles créent une attente au sein de la population alors que les chiffres de l’épidémie peuvent se trouver en complet décalage à la date d’ouverture prévue.

Voyages à l’étranger

L’arrêté ministériel instaurant l’interdiction des voyages non essentiels expirera le 19 avril. Ce n’est pas pour autant que nous pourrons voyager où bon nous semble. La Belgique pourrait à nouveau se baser sur une carte à code couleur de l’ECDC.

Pour l’instant, seules certaines parties du Portugal, de l’Espagne ou encore de l’Irlande sont en orange clair. Le reste de l’Europe est en zone orange foncé voire rouge.

Pour Marc Van Ranst, ce système de carte est complexe à utiliser. « Ces cartes changent constamment », a-t-il expliqué ce samedi à VTM Nieuws. « Si nous attendons encore un peu plus longtemps, le virus sera sous contrôle dans toute l’Europe grâce à la vaccination. » Le virologue désire donc que l’on attende une baisse des contaminations avant de pouvoir recommencer à voyager.

M. Vandenbroucke a laissé entendre dimanche que la mesure, contestée par l’UE, ne serait pas prolongée. « Mais il y aura des contrôles et des sanctions pour les personnes revenant d’une zone rouge sans se faire tester », a-t-il prévenu.

Enseignement

Un relatif consensus est donc en vue pour l’enseignement. Mais lorsqu’il s’agit d’envisager la levée des autres mesures, la situation se complique et il n’est pas acquis qu’une décision sera prise mercredi. Le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), reste inquiet concernant les chiffres. Il invite à « ne pas jouer au poker avec les soins intensifs ». Sa ligne va donc dans le sens d’une politique restrictive pour ce qui ne concerne pas l’enseignement. De leur côté, les Régions sont davantage en faveur d’un respect du calendrier de réouvertures annoncés.

Métiers de contact

On pourrait couper la poire en deux en ouvrant les coiffeurs le 26 avril, les autres métiers de contact plus tard. Et/ou en ouvrant les terrasses le premier mai et le reste de l’horeca plus tard.

Une adaptation de la stratégie ?

Une carte blanche de Nathan Clumeck, Marius Gilbert et Leila Belkhir publiée lundi dans Le Soir a fait beaucoup réagir. Leur appel à une adaptation de la stratégie covid a fait réagir à tous les étages. Pour rappel, ils veulent sortir du yo-yo des ouvertures/fermetures à l’aveugle, secteur par secteur. Et plutôt mettre sur pied une approche individualisée, lieu par lieu, pour que chaque endroit qui respecte un label « covid safe » puisse rester ouvert durablement. Moyennant le respect d’une série de protocoles. Pour « vivre malgré le virus ».

La proposition du trio d’experts n’est pas au menu à ce stade. Certains politiques semblent toutefois décidés à soutenir l’idée. La vice-Première Sophie Wilmès (MR), par exemple. Mais elle n’est pas la seule.

 
 
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