La crise sanitaire n'a guère freiné les "starters" en Flandre (2)

Le nombre d'entrepreneurs qui se sont lancés n'a peut-être augmenté que de 0,64% (+680) par rapport à 2019, ce qui témoigne d'un net ralentissement par rapport aux années précédentes (+6% en 2019, +5,3% en 2018, +5,9% en 2017), cela n'en reste pas moins remarquable vu le contexte. Mais c'est surtout en Flandre que l'esprit d'entreprise résiste à la crise. On y a enregistré 65.555 nouvelles entreprises en 2020, en augmentation de 1,12%. Le constat est sensiblement différent en Wallonie, où la nombre de starters a reculé de 5%, à 23.622, et plus encore à Bruxelles, avec une chute de plus de 11%, avec 11.273 nouvelles entreprises en 2020.

On compte ainsi en Flandre 9,9 nouvelles entreprises pour 1.000 habitants, contre 9,3 à Bruxelles et seulement 6,5 pour 1.000 habitants en Wallonie.

Plus d'un tiers (37,2%) des lancements sont intervenus dans le secteur des services, avec 36.696 starters, devant les professions libérales (16.464 ou 15,4% du total) et le secteur de la construction (14.852 ou 13,9% du total). On notera également la forte hausse du nombre de nouveaux acteurs dans le commerce de détail en ligne, avec 4.249 créations d'entreprises, contre 2.449 en 2019. En revanche, et ce n'est guère une surprise en raison des mesures de confinement, le nombre de starters a fortement reculé dans l'horeca et l'événementiel, mais aussi dans le transport.

C'est en province de Limbourg (+5,5%) que le nombre de starters a le plus augmenté l'an dernier, devant la province de Luxembourg (+4,4%).

Si la majorité des nouveaux entrepreneurs (58%) démarrent en personne physique, la nouvelle forme juridique SRL (société à responsabilité limitée) rencontre un certain succès (31,6%).

L'an dernier, 6,8% des nouvelles entreprises ont engagé du personnel. C'est moins que les quelque 10% habituels. Sur ce plan, la Wallonie (7,8%) affiche un meilleur résultat que la Flandre (5,8%), Bruxelles étant à 6,5 %.

L'Atlas Starters se penche également sur la pérennité des affaires récemment lancées. Il apparaît que près de 69% des entreprises fondées en Belgique en 2016 étaient toujours actives fin 2020, soit cinq années plus tard. Le pourcentage, qui s'améliore d'année en année, est semblable dans les trois Régions du pays.

Alors que le nombre de nouvelles entreprises a très légèrement augmenté en Belgique l'an dernier, on a parallèlement assisté à une baisse sensible du nombre d'entreprises qui ont arrêté leurs activités (74.189, -13%). Il en résulte une croissance nette de 2,6%, là aussi jugée "remarquable" vu le contexte, du nombre de sociétés actives dans notre pays, soit 1.252.335 entreprises. Ce résultat peut sembler contre-intuitif, reconnaît Graydon, mais s'explique notamment par le moratoire sur les faillites, les soutiens publics aux entreprises, et la nécessité pour certains entrepreneurs qui pensaient arrêter de poursuivre leur activité coûte que coûte pour reconstituer leurs réserves financières mangées par la crise.

De manière générale, face à des chiffres 2020 encourageants, l'UCM n'en juge pas moins l'avenir "très incertain", avec la crise sanitaire toujours en cours. L'organisation de classes moyennes recommande dès lors aux autorités, qui feront face à des déficits budgétaires importants, "d'éviter la tentation d'une hausse des charges fiscales et parafiscales". L'UCM demande également aux pouvoirs publics d'œuvrer à davantage de simplification administrative, de poursuivre l'accompagnement des entreprises et invite les banques à "jouer le jeu" en continuant à soutenir les entreprises.

"Un plan de redémarrage de l'économie de 18 mois devrait entrer en vigueur dès la fin de l'épidémie", suggère encore l'UCM. Ce plan devrait prévoir notamment des possibilités de reports de charges et une attitude compréhensive des administrations fiscales; un soutien à la formation et à la reconversion ainsi que des modalités de licenciement qui évitent d'entraîner des faillites.

 
 
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